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Un ange à notre table

Dernier ajout : 13 juin.

Dans cette rubrique

  • Isabelle Grosse

    j’ouvre les yeux dans l’air vide la pupille s’allume

    fourmillement du papier ouvert sur la table le livre scintille

    coupe en perspective

    la main s’épanouit comble

    (…)

  • Anne Jullien

    25 juin 2024 à Noé, né le 24 juillet 2024

    **

    les enfants que vont devenir les enfants ?

    **

    on les jette au feu dans un chaudron

    **

    on aurait voulu qu’ils nagent dans la lumière (…)

  • Gaël Tissot

    Géographie de l’aube

    Ne serait l’aube inachevée les trajectoires

    cité qui se déploie dans les contours d’une carte à venir

    deux rues parallèles bien que courbes

    la germination lente des passages nefs arcades

    rayonnement magnétique des vies qui l’habitent. (…)

  • Camille Dautremer

    Fatigue énigmatique fatigue de glycine asphyxie mes poumons qui expirent parfum de violette et de géranium dans cœur effondré / effondré comme les cartes du château de mon corps exténué jusqu’aux épaules / épaules sentent le blues mains sont condamnées bras ont le vague à l’âme / âme éperdue fourbue abattue âme vannée courbaturée harassée âme voudrait continuer à rêver bleu soleil orangé jaune horizon mais asthénie veille / veille (…)

  • Harmony Flavigny

    Midi ; je sonne comme un vent d’hiver. Des harmoniques sifflantes, mal accordées, soufflent entre mes bronches. Puis elles meurent, laissant autour de moi un silence de neige. Dans cette bulle sans son, des lilas fleurissent. Certaines pierres ressemblent à des tombeaux, mais sur leur surface lisse les doigts n’accrochent aucun nom. La température va se rafraîchissant alors que se raréfie l’air, poudroyant de clarté.

  • George Nina ELIAN

    je faisais du vélo entre deux colonies étrangères. je ne savais pas ce que je cherchais
    (peut-être l’amour tordu comme un arbre de Patagonie, peut-être l’immobilité au cœur de l’angoisse)
    je marchais extrêmement lentement comme si j’allais entrer dans un monde complètement inconnu et parallèle
    je m’asseyais quelque part et j’écrivais, espérant que mes morts me reviendraient (…)

  • Pierre Godo

    Sel Zazoumis mélange ses cheveux avec sa fourchette
    Jay Maraison lui dit Ne coupe pas tes cheveux ainsi
    Mais Sel ne répond pas et mange ses cheveux
    Et Jay lui demande alors Avec quelle sauce ?
    Un petit lac de soja dans une soucoupe en verre transparent
    Carré un petit zeste de citron et puis
    Il y a ce bébé qui dort entre ses deux yeux

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