Terre à ciel
Poésie d’aujourd’hui

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Anne Barbusse

mardi 16 octobre 2012, par Cécile Guivarch

Hôpital psychiatrique (extraits)

Et pourtant
le monde continue à être monde
et les arbres
tous ces êtres qui s’affairent dans la douleur d’exister
assigner une date à l’événement
le circonvenir
le faire être clos à jamais

à rebours à reculons en ambulance
les alignements de platanes le monde reculant et
espacement des douleurs – fuir la possibilité que l’événement se réitère
mars n’advient pas printemps et c’est
fini

comment suis-je arrivée là
en ambulance
en promenade sur le ciel bas de mars incapable de
levée

cette femme suicidée est la première à qui je parle
un peu
j’ai peur d’en être plus perdue
son malheur n’est pas le mien mais si proches
ils s’accoudent se regardent avancer dans
le petit jour des hommes

plaisir de former des lettres sûres
en face un bâtiment si gris si plat avec ma chambre
tous les fous traînent les pas quand ils marchent
tous les fous pleurent à la tombée du jour
un jeudi à Paris je me souviens de moi l’automate
au bout du fil on se pend
ce bruit des pieds traînés m’insupporte –
moi-même à petits pas
ne pas oublier un accent circonflexe sur un mot

ça va
jamais entendu tant de fois que depuis que
là je me suis absentée à moi-même

le soleil guérit les peines morales paraît-il
l’hôpital doit être comble au sortir de l’hiver
mon fils je te demande pardon
personne ne me parle médicalement dans la volonté de la guérison organisée
on me laisse attendre on m’a encore menti
pensent-ils que le seul soleil saura me guérir

les rires des fous sont des stridences dans le printemps qui sourd
que signifient-ils autre que joie
pourrai-je encore entendre les rires des enfants

sur le plan de l’hôpital j’ai vu le pavillon des enfants
attirée par l’extrême complexité des situations
humaines

quatre personnes assises sur des fauteuils en plastique devant la large face du soleil
on veut nous réduire à des corps c’est plus facile
quatre personnes dont moi

ils s’inquiètent de leur carte de crédit
cela la vraie folie
ils parlent au docteur de leur banque ou de l’allocation personne handicapée
dans le plaisir de vivre j’en ai eu assez de la descente et j’ai réalisé la réalité
j’ai arraché un poireau sauvage
son odeur sur ma main comme indice de réel

on fera semblant de
m’écouter
puis on m’administrera la matière

L’insupportable : attendre son tour pour guérir.

Les pas dans le couloir ne sont pas pour moi.

les consciences sont nos seuls dieux
elle s’est suicidée et les médecins l’ont ressuscitée
du royaume d’Hadès tu ne reviens pas
sauf intervention divine ou
matière entrée dans le corps avalée mais
non divine

je reviendrai parmi vous qui vous agitez
Orphée remonte seul des Enfers
Eurydice perdue car trop aimée
tous les fous réapprennent les gestes du vivre-ensemble
grande solitude pour qui a vu la mort
large communauté du repas du Christ partagé

ce matin de la bagarre disent-ils
la hideur de mon lieu
toutes les violences que de frêles infirmières contiennent de mots qui se placent entre les corps
dans le réfectoire ce matin j’ai eu du mal à ne pas partir
ils s’aident et se disputent et se disent des douleurs
sans y rien comprendre

taper sur le réel
avec une branche sur le fauteuil comme ce fou dans le soleil
certains jettent le réel en le jetant par la fenêtre
comme si le réel avait la fleur capable du changement
ces contes chinois où l’on déplace des montagnes
s’autoflageller plutôt – sens chrétien si païen
se changer soi dans le pire réel

elle est autiste
elle ne propose pas le plat aux autres à table elle ne partage pas
le repas le vivre
elle le balancement étrange
au cinéma c’était plus facile de regarder le sauvage – l’art
réalise et déréalise nos
peurs – distance – pas de cène christique

ils ont des mots bouleversés de toucher le
malheur sans médiate conscience
« tu écris pour te rappeler ce que tu fais ici »
cela les rassure car cela parlera aussi de tous les autres fous dont il faut porter la parole
tu ne te trompes pas car ici je pense
donc je serai – en fait la pensée ne naît qu’en s’écrivant ne précède pas l’écrit
ils me regardent écrire avec respect curiosité envie
mais l’écrire est acte plus que de croyance
- je ne suis que l’écrivante appuyée sur les mondes

Elle amène des vêtements, des affaires de toilette, des bonbons, range et s’organise toute une vie dans sa chambre. Je n’ai pas même sorti les vêtements de mon sac, rien déballé – excepté les livres, le cahier. Je ne m’installe pas ici, je suis de passage, en route vers une autre vie. Leurre extrême : refus de vivre dans l’ici et le maintenant, trop projetée après ou déjetée avant. Je ne me douche pas. Je hais mon corps et je ne comprends pas pourquoi je lui donne encore à manger. Dépression légère : perdu 10 kilos en 14 ans, 5 après la rupture avec ma mère, 5 après mon accouchement (« dépression post-puerpérale », à ce qu’ils disent). Elle : 20 kilos en 3 mois, après que son mari l’a « trompée » comme elle dit, après son accouchement. Mais si on s’installe trop ici, comment penser l’après-hôpital ? Je mange à nouveau ; elle ne mange presque rien. Elle vit à l’extérieur, se raccroche par l’extérieur, refuse les questions sur elle-même. Je me mets à l’écoute de mon intérieur. Elle remonte, artificiellement ou non ; je ne chute plus, stabilisée dans le bas ; quand je cesse d’écrire, je marche ; quand je cesse de marcher, les pleurs. L’en-moi.

Ils m’ont eue. Sentiment de capitulation. Dans quatre jours paraît-il je sentirai les effets. Une histoire de neurotransmetteurs. Antidépresseur et anxiolytique. Effondrement effondré de lui-même. Ce n’est que de la chimie. Mes sentiments ne sont que de la chimie. On peut agir sur ma personnalité. C’est atroce. Cela ne préjuge en rien de mon souci de t’aimer, de vous aimer tous. Cela ne fera pas que l’on m’aime, mais accepter de ne pas l’être. L’analyse après, a dit le psychiatre. M’aimer peut-être. Le défaut devient qualité du vivre.
De toute manière, mourir – ou causer le malheur de ses proches. Vous n’avez pas le choix, vous êtes embarqués. Avant, la maladie de langueur, on meurt du bovarysme. Est-ce plus poétique ? Est poétique ce qui permet la création. Est lyrique ce qui donne l’élan à la parole, du malheur comme du bonheur, ce qui porte le verbe haut. Que ma tête s’ouvre, que mon corps s’ouvre.

à les regarder
moi la grande voyeuse
je m’oublie et je
t’oublie – si peu –
guérir par la souffrance des autres – je me sers d’eux
toute honte bue

mon corps cotonneux quelle pitié quelle misère longue et lourde
quel lyrisme perclus
des médicaments dans le creux des mains donnés avec
le verre d’eau pour avaler la souffrance
mon corps et trois petits comprimés blancs

ils disent mal à la tête comme parleraient de migraines
et la balançante la chantonnante
la fermeture fermée sans clef sauf faim

abandonnée des dieux dans la souffrance de l’immanence absolue
à vif
la malheureuse Didon erre d’autel en autel
adolescente comme marquée je fus de cet extrême de la douleur
et elle se brûle

un graffiti sur le mur
« excuse-moi mais moi je suis dans la REALITE »

un fou énumère de voix agressive tous les alcools interdits
parler à des amis invisibles comme mon enfant
est-ce vraie folie déclarante

les fous s’offrent des bouquets inespérés de fleurs très jaunes
- le soleil se voile
rentrons

la volonté est tombée et les drogues surnagent
mon Dieu se réveiller – je préfère douleur vive
à la lente traversée en sommeil
quand toute ma matière lutte
tout se déplace et mes blessures anesthésiées se rouvriront de source sûre
Didon la belle reine
éperdue
toute blessée mais non dormante
dresse le bûcher

mais qui nous pousse à nous soigner
la voix infirmière ou les abîmes des instincts

la crise du fou les cris
l’infirmier le prend dans ses bras ils s’enlacent
le soignant lui donne la parodie d’amour que sa famille ne lui offre
c’est son haut métier
- si cela échoue ce sera l’isolement

Un fou âgé dans le réfectoire : « il paraît qu’ils ont inventé des oranges sans pépins pour mieux pouvoir les broyer ». Et il ajoute : « et il paraît qu’ils ont inventé des humains sans cerveau… » Un autre très jeune : « Anne elle est jolie, elle est jolie Anne ». Tous les dires planent au-dessus des tables et tournent en manège par-dessus les têtes. Toutes les paroles permises dans la beauté de l’éclosion et la hideur des maux de toutes les terres.

le diable existe-t-il
le diable c’est moi
répond un fou

Crise de Nicolas. Ils l’ont terrassé une première fois, jambes et bras cloués au sol par deux infirmiers. Il se rebiffe ; à nouveau mêlée des trois corps. Cris, gémissements de Nicolas. Cela me paraît terriblement long ; le fou a une force prodigieuse ; des cris monstrueux. Aspect hugolien du tableau. Des forces du mal en lutte contre les forces de la société policée. Portes, murs, vitres qui tremblent et retentissent. La toute vieille de noir vêtue à côté prend peur, se réfugie dans ma chambre. Elle tremble, je mets la main sur son épaule pour nous empêcher de trembler toutes deux. Elle me dit que c’est à cause du temps, de la pluie, que la vie est bien malheureuse. Si digne, si belle cette femme sur sa canne, dans sa vieillesse. Je lui demande pourquoi elle est ici, elle ne répond pas. Nicolas : celui qui est abandonné de sa famille parce qu’il est « anormal ». Celui qui se repaissait de l’amour des autres. Ils l’ont amené dans la chambre d’isolement, toujours des sons mi-articulés de fou, les voix fermes des infirmiers qui tentent l’apaisement forcé. Des bruits étouffés ; ils sont dans la chambre d’isolement. Maintenant, une fois les infirmiers sortis, il va taper. L’infirmier revient : « il m’a griffé, je n’ai pas pu l’attraper par derrière ». Au loin, cris de Nicolas, hurlements mi-parlés, mi-geints. L’homme aux prises avec son horreur. Ne tape pas, mais hurle. Puis tape non des poings, mais de tout son corps sur la porte qui branle, à intervalles réguliers, avec des hurlements d’animal. Effroyable – le reste du temps, Nicolas doux comme un agneau.
Mon cœur bat, bat à n’y pouvoir tenir. Toute ma souffrance refait surface et mon intérieur s’effondre dans le jour tombant. Je t’aime ; cependant que tu m’as fait voir, et ressentir, la souffrance toute immense. L’horreur tremblée, tremblante. Sortie parler, un peu, avec Sylvain et Cédric. De cela, on ne parle pas. Revenue dans le silence regagné, mais ma main tremble sur le stylo, encore. Des gémissements à nouveau, des pleurs à l’échelle inhumaine. Pleurs ou cris bestiaux ? Toujours des coups, très espacés. Je corrige des fautes, je tente de m’apaiser, épuisée de retranscrire cet immédiat justement indicible. La descente aux Enfers continue. J’ai peur. Je ne parviens plus à rester seule à écrire dans ma chambre quand le reclus hurle. J’ai retranscrit trop de fois, je suis usée, j’ai peur. Nicolas qui, cet après-midi, a bu un chocolat en face de moi. Métamorphose de l’être, le côté animal qui ressort, la bête humaine, Quasimodo. Mais où le mal, dans le fou ou dans la société et sa norme ? Plus de cris : il a eu sa piqûre.


Entretien avec Clara Regy

Vos textes tiennent de la poésie et du journal « mêlés », comment pouvez-vous nous expliquer ce ’choix’ qui à vrai dire, offre un ensemble tout à fait cohérent ?

Ce choix au départ n’a pas réellement été un choix, puis il l’est devenu. Les poèmes publiés ici sont extraits d’un recueil qui a été écrit lors d’une expérience particulière, de ce que j’appellerais un « cas-limite » d’écriture, lors d’une dépression. Il est très difficile d’écrire une dépression (qui n’est pas un état d’âme mais une maladie), car quand elle est très forte l’écriture devient impossible, c’est plus fort qu’un spleen baudelairien. La cloche de détresse de Sylvia Plath est un roman, autobiographique mais roman tout de même, écrit après coup. Il y a le Journal de Belfort de Béatrice Douvre, que je ne connaissais pas à l’époque. Dans des épisodes très sévères on ne peut plus créer. Or il y avait urgence, j’ai attrapé le cahier pour me sauver, et j’ai commencé à écrire, instinctivement, et c’est venu comme de la poésie car c’est que j’écrivais depuis toujours, et comme un journal, avec la date, pour me rattacher au réel, pour témoigner de ce qui se passait et de ce que je voyais (en moi et hors de moi), dans le réel d’un hôpital psychiatrique français dans les années 2000.
Par la suite j’ai revendiqué ce mélange journal/poésie auprès des éditeurs, j’ai refusé de le couper, j’ai juste ôté les dates, mais je voulais que l’expérience reste dans son rendu chronologique, pour que ce soit aussi un témoignage sur le vif d’une évolution psychique et physique, pas après coup (les éditions Unicité ont accepté de publier ce premier journal pour le mois de décembre 2020).
D’autre part, je pense qu’actuellement il faut revenir aux genres qualifiés longtemps de « mineurs », voire transcender les genres, qu’ils soient aristotéliciens ou plus tardifs (le sacro-saint roman), ainsi que la différence prose/poésie : non seulement on peut écrire des poèmes en prose, mais je revendique le mélange de « vers » (passage à la ligne) et de prose dans un même texte, de vers et de récit (l’antique épopée raconte en vers, on pourrait donc raconter même sans la tonalité épique). De même que je refuse d’être enfermée dans le minimalisme qui prévaut souvent dans la poésie lyrique. Il y va du renouvellement de la littérature. Je voudrais écrire des « textes » avant tout et varier selon le propos.
Enfin je ne peux pas affirmer que la poésie est intemporelle. Chaque texte est ancré dans le temps et l’espace, et c’est ensuite qu’il peut ou non devenir intemporel. On ne peut pas parler en général. On doit intégrer des dates, des éléments de la modernité, parler de supermarché et d’internet même dans un texte lyrique. L’écriture est une expérience de réel complet, non tronqué, et pas seulement de mots. Le journal inscrit le poème dans ce réel.

Vous notez aussi dans votre présentation quelque chose qui ressemble à cela ; j’écris quand « le je et le monde se croisent  » vous me corrigerez si ce n’est pas tout à fait ce que vous avez écrit. Qu’est-ce qui se cache derrière cette -belle- expression énigmatique ? Mais c’est peut-être aussi une réponse à la première question.

C’est cela, la rencontre du je et du réel, du je et du monde, ou du sujet et de l’objet. Cela va très loin pour moi. Je suis consternée de l’opposition entre poésie lyrique et poésie expérimentale. Toutes deux parlent d’un je aux prises avec le monde, l’une privilégierait le je et l’autre le monde. Pour moi c’est un continuum avec un curseur qu’on déplace en fonction des circonstances, de ce dont on parle, de l’humeur. On doit pouvoir écrire entre les deux, ou écrire des deux manières si l’on veut, et ne pas être catalogué. Il y a du bon et du mauvais dans les deux positions, des écueils à éviter. Lire des revues des deux mouvances m’enrichit. J’aime entrechoquer des réalités différentes, des niveaux de réalités différents, des charges émotionnelles différentes (écrire lyrique puis décrire un objet dans le vers suivant plus objectivement). Je revendique le droit de ne pas être enfermée, d’évoluer. Il y a va aussi du renouvellement de la création. Au cinéma, celui qui fait une synthèse sublime des deux, c’est Godard, car au sein de ses expérimentations se trouve une émotion intense.

Les mots se construisent sans doute à partir de ceux que l’on a entendus et lus. Avez-vous des auteurs (poètes ou non) qui vous accompagnent au quotidien ?

L’auteur qui m’a influencée (parmi tant d’autres) a été Philippe Jaccottet : son humilité, sa façon de se défier des images, son retrait du monde et sa recherche de l’expression juste face à la nature, ses carnets ou « semaisons », journaux poétiques. A l’époque des textes publiés aujourd’hui j’avais souvent en mémoire ses Leçons et Chants d’en bas.
Par la suite, ces dernières années, à la suite de rencontres fondatrices, j’ai été influencée essentiellement par des cinéastes. Le cinéma pour moi est un art total, englobant la poésie, associant image, texte, musique, sculpture. J’ai trouvé là un moyen d’expression relativement jeune qui m’a révélé une poésie insoupçonnée, de la Nouvelle Vague aux indépendants américains, en passant par Kiarostami ou Pasolini, les premiers Gus Van Sant ou Safdie. Après des études de lettres, c’est auprès des cinéastes que j’ai ressenti le besoin de nourrir mon regard, de l’enrichir à partir d’expériences artistiques nouvelles et parfois fulgurantes : par exemple Tarnation de Jonathan Caouette, le poétique Dolls de Kitano, les films-journaux d’Alain Cavalier, Théo Angelopoulos ou Les rencontres d’après minuit de Yann Gonzalez. Des films-poèmes, du cinéma non exclusivement narratif. Je crois que j’avais besoin de diversifier mon regard en associant le texte et l’image, et le mouvement. Et le cinéma a ensuite influencé mon écriture, m’a ouvert d’autres pistes, j’ai écrit des textes sur des films, textes poétiques et non critiques proprement dit. La première fois que j’ai réussi à sortir de cet hôpital, c’était pour aller voir Du Mali au Mississippi de Martin Scorsese, superbe documentaire sur le blues et la douleur muée en création.

Et pour terminer, c’est presque devenu la… coutume : si vous deviez définir la poésie en 3 mots quels seraient-ils ?

Au début je me suis dit que j’étais incapable de répondre à la question. Puis me sont venus l’un après l’autre trois mots.
Création. C’est l’étymologie même de poésie. C’est aussi recréation, à partir de sa propre vie, tentative d’en faire quelque chose. La traduction de poésie aussi pour moi est création, recréation, car il faut que le texte produit « sonne » aussi bien que le texte source, trouver l’adéquation optimale entre le fond et la forme, avec d’autres sonorités, mais en gardant le même rythme. On fabrique un autre texte, sauf qu’on a des contraintes de départ, posées par l’auteur, mais qui sont fécondes et permettent de créer encore.
Langage. Rencontre avec les mots, tentative de les faire exploser et vivre différemment, travail sur la langue qui permet une sortie hors du langage courant et quotidien qui souvent perd son sens par usure.
Consolation. Au sens antique de genre littéraire qui console de la mort, sauf que ce n’est pas en mettant en avant des thèmes philosophiques, mais c’est la poésie même qui est la consolation, l’écriture même. L’époque contemporaine parlerait d’art-thérapie, mais je trouve que consolation est plus humble. Après la mort des dieux, après le saccage écologique actuel opéré par le capitalisme, la poésie est une façon d’habiter le monde (notre maison, l’oikos) qui nous console (un peu), un chemin possible, une quête salutaire.


Anne Barbusse

Née le 16 décembre 1969 à Clermont-Ferrand.
L’écriture a toujours fait partie de ma vie. A 17 ans, je monte à Paris pour mes études de lettres. Après une agrégation de lettres classiques, j’enseigne quelques années la littérature latine à l’Université Paris VIII. Je quitte Paris pour un tout petit village du Gard, où je suis installée depuis 20 ans, entre Cèze et Ardèche, pour vivre plus en accord avec mes convictions écologiques. J’enseigne depuis une dizaine d’années le français langue étrangère aux adolescents migrants. En 2012, je reprends mes études à distance à l’université Paul Valéry de Montpellier, jusqu’à un master traduction en littérature grecque moderne en 2017, où j’ai traduit, en pleine crise grecque, l’œuvre inconnue en France de Takis Kalonaros (Du bonheur d’être grec, Athènes, éditions Euclide, 1975, réponse à Du malheur d’être grec de Nikos Dimou, traduit en France en 2012 aux éditions Payot).

Publications dans les revues Phréatique, Arpa, La lettre sous le bruit, Le capital des mots, Comme en poésie, Cabaret, Traction-Brabant, Mot à Maux, Sitaudis. A venir Encres Vives, Lichen, Recours au poème, Festival Permanent des Mots. Recueil à paraître aux éditions Unicité (décembre 2020).


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