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Ouladzimir Stsiapan - « Mouettes au-dessus de Minsk » - traduit du biélorusse par Danièle Faugeras et Yana Hultsiayeva

vendredi 2 mai 2025, par Cécile Guivarch

Bonnes feuilles po&psy 2025

 
Ouladzimir Stsiapan
MOUETTES AU-DESSUS DE MINSK
traduit du biélorusse par Danièle FAUGERAS et Yana HULTSIAYEVA
po&psy princeps, 90 pages, 15€

Ouladzimir Stsiapan, né en 1958 à Kastsioukowka, en Biélorussie, est un artiste, écrivain, poète et journaliste biélorusse. Diplômé de l’École des Arts de А. Hlebaw, puis de l’Académie des Arts de Biélorussie, il a pratiqué le graphisme de livres. Pendant presque 20 ans, il a travaillé pour la télévision biélorusse à la rédaction des programmes littéraires et dramaturgiques, en tant que rédacteur en chef, auteur de programmes, présentateur, scénariste de documentaires et de longs métrages. Depuis ses études, Stsiapan s’adonne à la création littéraire. Il a débuté avec des poèmes qui sont parus dès 1982 dans l’hebdomadaire “La littérature et l’art”, puis dans toutes les revues littéraires biélorusses et dans quelques recueils collectifs. Le présent recueil de haïkus est paru en 2018 dans “La petite bibliothèque” du magazine Le Verbe. Aujourd’hui, Ouladzimir Stsiapan est surtout connu comme un maître de la prose. Il est l’auteur de recueils de nouvelles, dont certains ont été primés, et de deux romans. Sa prose et ses poèmes ont été traduits vers le russe, l’ukrainien, l’anglais, l’allemand.

Extraits

Comme au-dessus de la mer,
des mouettes au-dessus de Minsk crient…
Début de printemps.

*
Le premier du parc
à verdir, le monument
de bronze au poète.

*
Il est empilé
le vieux bouleau... Mais
le nichoir, on va le mettre où ?

*

Sur la vitre embuée
je mets ma signature. Comme si
j’avais peint le parc moi-même.

*
Si chaude, la pluie
que sur les barbelés poussent
des petites feuilles.

*
Cerisier en fleurs.
Du côté ensoleillé
du nouveau cimetière.

*
C’est peut-être vrai
que sous les cerisiers blancs
l’âme s’éclaircit…

*
Je marche sur l’avenue
en évitant les lombrics…
Averse d’avril.

*

Il y a des photos
où on dirait que je suis de trop...
Surtout celles de mer.

*
Inimaginable...
Ce chêne gigantesque et moi
nous sommes du même âge.

*
Sable chaud,
eau fraîche – besoin
de si peu.

*
Je me réveille…
Le verger me regarde
avec ses yeux de pommes.

*
Dans le brouillard dense
le voisin porte des seaux
de transparentes blanches.

*
D’une croix à l’autre
il vole ça et là, l’oiseau.
Pas de quoi s’ennuyer.

*
Cadenas rouillé,
de qui donc protèges-tu
la maison détruite ?

*
Dans la vieille armoire
des cintres vides – épaules nues
libres et tristes.

*

Doucement tombe la neige.
Transformant les barbelés
en guirlandes de Noël.


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