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Cécile Guivarch traduite en Galicien par Emilio Araúxo

lundi 20 octobre 2014, par Cécile Guivarch

Gestes printaniers

et tout ce cœur au bord
vos rubans vos sourires
peints à même le masque
où êtes-vous avós ?

peut-être pour rire
vous débusquez les bêtes
vos barbes en peau de lièvre
queues de renard ou de tigre
vos colliers broches et rubans
o pano de miña avoa
ma mère le garde dans un placard

felos son homes mulleres

meu avó descendait la montagne
des arbres de dix mètres sur le dos
miña avoa montait la montagne
derrière le troupeau de brebis
quand elle descendait la montagne
elle prenait les bœufs par la corde
meu avó leur donnait les ordres
la sueur de l’un et de l’autre
se mêlaient le soir dans le même lit

ils recommençaient chaque printemps
les mêmes gestes d’élan et de cœur
corps entremêlés l’un dans l’autre
ni vraiment femme ni vraiment homme
juste des êtres de la terre de la montagne
célébrant la semence le blé le maïs la vie

máscaras do entroido
encuentre meus avós

[azur]___[/azur]
[azur]___[/azur]
[azur]___[/azur]
[azur]___[/azur]
avós : grands-parents
meu avó : mon grand-père
miña avoa : ma grand-mère
o pano de miña avoa : le châle de ma grand-mère
felos son homes mulleres : les felos sont des hommes femmes
máscaras do entroido : masques de carnaval
encuentre meus avós : j’ai rencontré mes grands parents

Xestos primaverais

e todo este corazón á beira
as vosas cintas os vosos sorrisos
pitados directamenete na máscara
onde estades avós ?

se cadra para rir
facedes saír aos animais
as vosas barbas de pel de lebre
rabos de raposo ou de tigre
os vosos colares broches cintas
o pano de miña avoa
a miña nai gárdao nun armario

felos son homes mulleres

o meu avó baixaba da montaña
árbores de dez metros ao lombo
a miña avoa subía á montaña
detrás do rabaño de ovellas
cando baixadas da montaña
collía os bois pola corda
o meu avó dáballes as ordes
a suor dun e do outro
mesturábase á noite na mesma cama

recomezaban cada primavera
os mesmos xestos de pulo e de corazón
corpos mesturados un no outro
nin verdadeiramente muller ni verdadeiramente home
sinxelamente seres da terra da montaña
celebrando a semente o trigo o millo a vida

máscaras do entroido
encuentre meus avós

Publication de ce poème : Amastra-n-gallar, 2014
Un autre poème édité en 2014 par Amastra-n-gallar : Felos ao galop / Felos au galop

Cécile Guivarch est née en 1976 près de Rouen de mère galicienne (Espagne) et de père français. Sa famille en Espagne, vit dans un petit village dans la montagne, tout près de Padrón et de Santiago de Compostela. Elle a obtenu la nationalité espagnole en 2011 grâce à la Ley de la Memoria.

[azur]___[/azur]

Emilio Araúxo vit en Galice, dans la petite ville de Lalín, tout près de Saint-Jacques-de-Compostelle, où il traduit, photographie, écrit (principalement des poèmes autour du monde paysan, auquel il est attaché par le travail manuel et les labeurs de toute l’année aux champs). Il dirige les éditions et la revue Amastra-n-gallar, créées en 2000. La suite sur : CIPM


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