Omar Youssef Souleimane est né en 1987 à Quoteifé, sur les plateaux du Kalamoune à une quarantaine de kilomètres au nord de Damas. Après avoir obtenu un baccalauréat scientifique en 2005, il étudie la littérature arabe à l’université de Homs jusqu’à 2010.
Entre 2006 et 2010, il a été correspondant de la presse syrienne et a collaboré avec de nombreux journaux arabes. Il est l’auteur de livres de poésie : Chansons de saison en 2006, je ferme les yeux et j’y vais, prix koweitien Saad Al Sabbah en 2010.
Ayant participé aux manifestations pacifiques dès mars 2011 à Damas puis à Homs, il a été recherché par les services de renseignements de son pays. Afin d’éviter la prison, il est entré dans la clandestinité et est finalement parvenu à quitter son pays. La France, où il vit depuis 2012, lui a accordé l’asile politique.
Invité à de nombreuses soirées poétiques depuis 2013 : Double chant, avec Axodom, Institut des cultures d’islam, Paris, avril 2014. Deux voix exilées, de Baghdad et Damas, Comédie Nation, avec le poète irakien Salah Al Hamdani, mars 2015. La poésie au service de la paix, cathédrale de Strasbourg, avril 2015. Invité à participer à des festivals et des soirées en novembre 2015 et décembre 2015 ainsi qu’en mars et mai 2016.
Rencontres poétiques avec des lycéens : Saint Quentin en Yvelynes, novembre 2014 et à Royan, octobre 2015.
Depuis son exil, il a publié deux autres recueils de poésies : IL ne faut pas qu’ils meurent, en arabe (syrien), 2013, éditions Al Ghaoune - Liban ; La mort ne séduit pas les ivrognes, 2014, bilingue français / arabe ( syrien ), traduction Lionel Donnadieu, éditions L’oreille du loup – Paris. Loin de Damas, bilingue français / arabe (syrien), traduction Salah AlHamdani et Isabelle Lagny, éditions Le temps des cerises en 2016.
Oublie Damas, recueil de nouvelles, édité en arabe ( syrie ) au Liban par Bayt AL-Mouatene, 2015. La traduction en français de cet ouvrage est en cours. et sera publiée en 2017.
Arrivés chez les veilleurs du néant
nous avons dit adieu à la guerre, adieu aux portes de la ville
et nous y avons laissé en consigne
nos valises chargées de ruines
Voici des oripeaux colorés par l’aurore et par des larmes de joie
Nous avons traversé avec eux des ponts désolés
les coquilles de nos mots ballotées dans les poches
Les phares nous font signe depuis la rive des blessures
et dans nos artères, on célèbre des montagnes
Compagnons de poussière et de lumière
à nous cette ville !
À nous les rues
que seule pourra combler
l’empreinte de notre souffle sur la neige !
Nous avons repoussé les murs du temps
avons échangé nos fusils contre du blé
l’or du désert
contre la rosée de l’errance
Et quand nous reviendrons
dans le repaire de notre premier amour
nous dédierons nos patronymes
à l’ivresse des origines
et ouvrirons nos poitrines à la mer
Ici, sur cette terre étrangère
rien d’autre que la nudité de l’existence
rien d’autre que ses moulins à vent
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Cette nuit plus froide que le corps d’un soldat mort
est plus chaude que nos derniers adieux
Des ruisseaux de larmes se sont figés sur la chemise des fiancés
Ce n’est qu’une nuit, elle s’éloignera
Les tranchées se remplissent de souffles, d’empreintes
de la chaleur des corps
de lits de camps dans le matin pour un sein qui a gardé le goût du pays
Les hasards de la vie et la petite musique du destin
travestissent notre incendie
A qui allons-nous abandonner tout cela ?
Que nos fusils aillent au feu
Enivrons-nous
Seul le vin pourra nous unir dans l’athéisme
Demain nous aurons tout le temps pour danser avec la victime
et nous réglerons nos comptes avec les dieux
Oui, nous avons tous raison
Mais ce soir, seulement
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Je ne reviendrai plus près de toi
me coltiner ton froid amer
et ton paradis aveugle
Tu as fait de notre destin
un jeu de hasard
Tu es notre bulle noire
Des restes de corps d’enfants s’accrochent aux haillons de tes anges
et le sourire d’un sniper est tatoué sur ton livre
Ô Allah
Ton miroir n’est-il pas encore un peu trop poussiéreux ?
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