Terre à ciel
Poésie d’aujourd’hui

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Michele Tortorici

lundi 20 octobre 2014, par Roselyne Sibille

Michele Tortorici, né à Trapani, est originaire de Favignana (la plus grande des îles Égades, à l’ouest de la Sicile). Il vit à Velletri, au sud de Rome. Après avoir été longtemps enseignant de langue et littérature italiennes dans le secondaire puis proviseur, il a mené une carrière dans l’administration pédagogique où il s’est spécialisé dans les questions de logique hypertextuelle, les moyens de communication numériques et leur incidence sur l’enseignement. Il a dirigé et coécrit une importante histoire de la littérature italienne (Storia della letteratura italiana nell’orizzonte europeo, Oberon, 1993) et a fait paraître de nombreux articles et essais sur la littérature (notamment sur Guido Cavalcanti, Dante, Pétrarque, Leopardi, Manzoni), l’art et la culture. Il est l’auteur de quatre recueils de poèmes : La mente irretita (Manni, 2008), I segnalibri di Berlino (Campanotto, 2009), Versi inutili e altre inutilità (Edicit, 2010) et Viaggio all’osteria della terra (Manni, 2012), qui a reçu un chaleureux accueil critique en Italie. Le premier d’entre eux, traduit et préfacé par Danièle Robert, a été très vite publié en France – sous le titre : La Pensée prise en piège – par les éditions vagabonde (2010). L’ouvrage a signalé la singularité d’une voix dont le déplacement effectué dans le registre de la fiction par Due perfetti sconosciuti (paru chez Manni en octobre 2013) affirme, humour, verve, pensée critique en sus, la force et la fertilité. Quatrième titre de la collection « Stilnovo », aux éditions chemin de ronde, Deux parfaits inconnus paraîtra début novembre 2014 dans une traduction de Danièle Robert.

Michele Tortorici sur Internet

http://www.micheletortorici.it/blog/
http://www.cheminderonde.net/

Paroles légères

En souvenir de ce que m’a enseigné Renzo

Paroles légères qu’a laissées le faible
ressac sur les écueils abrupts et que la mer
avait retenues pour d’abord les compter
puis les disperser comme cendres
d’un vieux désir qui s’est
consumé pour pouvoir
être écume ; paroles légères que d’envieuses
nuées ont prises et cachées en un fil
distendu au cours du temps, mais n’ont pas
déchiffrées parce que — images grumelées d’air —
elles ont confondu chaque signe
visible ; je vous ai déposées
sur une page blanche comme la neige parce que je sais
que de minuscules signes — minuscules
hommes peut être — construisent
des écritures, annonces de vies possibles, de possibles
morts, histoires en somme
que nous ne saurions vivre, privés
de cette légèreté qui nous découvre, de ces
traces infimes que nous savons
pouvoir laisser pour qu’elles soient
visibles bien après
les naufrages que nous aurons connus.

*

Leggere parole

In ricordo di ciò che Renzo mi ha insegnato

Leggere parole che ha lasciato la debole
risacca sugli scogli ruvidi e che il mare
aveva trattenuto per contarle prima
e disperderle poi come ceneri
di un vecchio desiderio che si è fatto
bruciare per potere
essere schiuma ; leggere parole che invidiose
nuvole hanno preso e nascosto in un filo
disteso lungo il tempo, ma non hanno
decifrato perché – immagini d’aria raggrumate –
hanno confuso ogni visibile
segno ; vi ho deposte
in una pagina bianca come la neve perché so
che minuscoli segni – minuscoli
uomini forse – costruiscono
scritture, annunci di possibili vite, di possibili
morti, storie insomma
che non sapremmo vivere, privati
di questa leggerezza che ci scopre, di queste
minime tracce che sappiamo
di potere lasciare perché siano
visibili anche dopo
i naufragi che avremo conosciuto.


Puissances du parfum

Sans doute en ce moment les pittosporums sur l’île
sont ils déjà en fleur, comme ici. Là bas aussi
ils embaument et le petit jardin pavé
de briques roses et les parterres et autour la pinède
se seront remplis de l’odeur
des fleurs blanches si acidulée et de celle
des herbes qui viennent juste
de percer mais doivent déjà vouloir défier cette senteur
que le terrain reçoit
de la mer, qui sent le sel et l’algue et tout
ce qui, ici, vit et meurt. Sans doute les pittosporums
ne sont ils pas les seuls à fleurir. Mais je connais ceux
que j’ai plantés derrière le banc de pierre — et qui sont aujourd’hui
si hauts que le vent quand il souffle entre tramontane
et mistral les fait frissonner — et les autres
qui ont poussé derrière le mur
bas de la plate bande, et celui qui les a plantés
n’est plus là et ces fleurs ne savent pas pour qui fleurir ou
se rappellent peut être les grandes mains et les cherchent en penchant
leurs branches au delà des ombres
des pins et des myoporums. Sans doute les pittosporums
ne sont ils pas les seuls à fleurir en ces jours de soleil
et de vent. Sur l’île la terre doit être couverte de couleurs
infinies, et pourtant les tamaris auront
depuis longtemps déjà ouvert
au soleil leurs petites fleurs tandis que les aiguilles
passaient du violet au vert et commençaient
à se couvrir la nuit d’une rosée
amère.

Ici maintenant le parfum des pittosporums
entre par le balcon sur la cour
et imprègne la maison, venu on ne sait
d’où, et reste
autour de moi telle une abeille têtue, aveuglée
par ses sens dans le dédale
quotidien des traces laissées par je ne sais jamais qui.

*

Sortilegi del profumo

Certo in questo momento i pitosfori sull’isola
saranno fioriti, come qui. Anche laggiù
profumeranno e il piccolo giardino lastricato
di mattoni rosa e le aiuole e intorno la pineta
si saranno riempiti dell’odore
dei fiori bianchi così aguzzo e di quello
delle erbe che saranno appena
spuntate ma già vorranno sfidare quel sentore
che il terreno riceve
dal mare e sa di sale e di alga e di tutto
quello che lì vive e muore. Certo non saranno
solo i pitosfori a fiorire. Ma io conosco quelli
che ho piantati dietro il sedile di pietra – e sono ora
alti tanto che il vento quando soffia tra ponente
e maestro li fa rabbrividire – e gli altri
che sono cresciuti dopo il muro
basso dell’aiuola – e chi li ha piantati non c’è
più e quei fiori non sanno per chi fiorire o forse
ricordano le grandi mani e le cercano sporgendo
i rami oltre le ombre
dei pini e dei mioperi. Certo non saranno
solo i pitosfori a fiorire in questi giorni di sole
e di vento. Sull’isola la terra sarà ricoperta di colori
infiniti, e pure le tamerici i loro piccoli
fiori già da tempo
li avranno aperti al sole mentre gli aghi
mutavano dal viola al verde e cominciavano
a coprirsi la notte di rugiada
amara.

Qui ora il profumo di pitosfori
dal balcone sul cortile
entra e imbeve la casa chissà da dove
portato e mi resta
attorno come un’ape testarda, abbacinata
dai suoi sensi nel dedalo
quotidiano di orme lasciate non so mai da chi.

(Poèmes extraits de La Pensée prise au piège [La mente irretita], éditions vagabonde, 2010)


Rue Lepic

Cette rue ne finit pas, comme on pourrait le croire, à l’angle
de la rue des Abbesses. Dans une sorte de large “u” elle tourne
autour de la colline et arrive au-delà
du Moulin de la Galette, du reste
je n’ai pas bien compris jusqu’où. C’est un peu une ruse,
mais avant tout
c’est qu’elle veut être plus en confiance avec toi.

Cette rue voudrait être pour toi une maison, ou plutôt voudrait être
le couloir de ta maison, ton chemin intime, l’habitude
que tu as chaque jour de tourner dans les pièces, même
sans rien faire, peut-être un café, peut-être, tout au plus, quelque chose
à grignoter - les pieds dans les pantoufles, parfum,
à certaines heures, d’après-rasage, à d’autres
heures, de femme.

Cette rue voudrait être pour toi une compagne, bras dessus
bras dessous, afficher sa coquetterie pour se faire serrer
plus fort - se faire même toucher la poitrine, scandaliser s’il y a
des bien-pensants qui regardent.

Cette rue voudrait être pour toi un ami, parler de livres
et de sport, chanter pour toi les chansons
qui sortent des fenêtres ouvertes, s’asseoir
sur un banc et écouter ce que tu dis - se mettre
à chercher si quelque part, embusqué,
il y a encore Maigret, qui sait ?

Cette rue voudrait être pour toi - ce qu’elle est -
la rue des moulins, prêter ses roues à ta pensée et te faire
moudre le grain des vies
qui passent sur ses trottoirs, allures
affranchies, alternatives - auxquelles tu n’aurais pas pensé, ailleurs qu’ici -
du devenir, figures
de ta liberté possible. Avant tout
c’est qu’elle veut être plus en confiance avec toi.

*

Rue Lepic

Questa strada non finisce, come potrebbe sembrare, all’incrocio
con rue des Abbesses. Con una specie di “u” larga fa un giro
intorno alla collina e arriva oltre
il Moulin de la Galette, comunque
non ho capito bene fino a dove. Un po’ è un inganno,
ma principalmente
è che vuole avere con te più confidenza.

Questa strada vorrebbe esserti casa, anzi vorrebbe essere
il corridoio della tua casa, il tuo cammino intimo, la quotidiana
abitudine che hai di girare per le stanze, magari
senza far niente, forse un caffè, forse, al più, qualcosa
da sbocconcellare - piedi nelle pantofole, profumo,
a certe ore, di dopobarba, ad altre
ore, di donna.

Questa strada vorrebbe esserti compagna, mettersi
sottobraccio a te, ostentare la sua civetteria per fare stringere
più forte - farsi toccare il seno persino, scandalizzare se ci sono
benpensanti che guardano.

Questa strada vorrebbe esserti amico, parlare di libri
e di sport, cantare per te le canzoni
che escono dalle finestre aperte, sedersi
su una panchina e ascoltare quello che dici - mettersi
a cercare se da qualche parte, appostato,
c’è ancora Maigret, chi lo sa ?

Questa strada vorrebbe esserti - quello che è -
strada di mulini, prestare le sue ruote alla tua mente e farti
macinare farine delle vite
che passano sui marciapiedi, andari
affrancati, alternative - che non avresti pensato, fuori da qui -
del divenire, figurazioni
della tua libertà possibile. Principalmente
è che vuole avere con te più confidenza.


Rhododendrons

Rhododendron ! Si les sages te demandent pourquoi
Ce charme est rompu au ciel et sur la terre,
Dis leur, très cher, que si les yeux furent faits pour y voir,
La beauté porte en elle sa raison d’Être ;
Pourquoi étais tu là, toi rival de la rose !

(Ralph Waldo Emerson, Early Poems, 1847)

Et les rhododendrons vont fleurir.

Quelle hâte, mes amis, si la beauté porte en elle sa raison
d’Être, vous pouviez attendre des printemps
plus lointains, des saisons adaptées
à vos fleurs qui - me semble t il - tremblent, de toute la délicatesse
de leurs pétales, au vent
d’aujourd’hui coupant
et un peu saumâtre. La mer
est certes loin, mais elle est juste
là devant, regardez, là où brille une cloche
de lumière oubliée
par le soleil derrière un nuage qui est d’un gris plus foncé
que les autres. Et le vent
n’a aucun mal, voyez,
à monter là haut. Si la beauté porte en elle sa raison
d’Être, vous pouviez attendre, le deviez
même. S’il en est ainsi, l’affaire de la beauté est celle
qui ne concerne pas le temps et ceux qui
y vivent, c’est plutôt
- dirais je - une alternative ; la raison - s’il en est ainsi - de la beauté se trouve,
que vous le vouliez ou non, au delà
de nous. C’est pourquoi nous ne pouvons en avoir, vous et moi, dans l’esprit
qu’une image, tirée
d’une connaissance abstraite, ou mieux, absolue, c’est-à-dire
complètement détachée de toute expérience
vécue ou possible. Si la beauté porte en elle sa raison
d’Être, notre devenir - sachez le – ne lui
correspond pas, et la hâte
diable ! aggrave les choses. Il faut au contraire la tromper, son
éternelle raison, avec toute
la lenteur dont nous sommes capables, la détourner pour qu’elle s’approche,
malgré sa prosopopée d’éternité, des fleurs
non éternelles (comme celui qui vous a plantés, par ailleurs). Et l’impatience
que vous avez eue pourrait
rendre, vraiment, vos fleurs
éphémères, mises en fuite après de brèves batailles livrées
contre des ennemis beaucoup trop forts. Vous pouviez attendre, vous dis je,
le deviez même, mais, en tout cas,
je suis votre allié, plus encore - laissez moi vous le dire - votre compagnon
sur le chemin que vous suivez. Passé
votre moment de folie,
de fleurir en février, nous pourrons en faire de la route. Calmement.

*

Rododendri

Rhodora ! If the sages ask thee why
This charm is wasted on the earth and sky,
Tell them, dear, that, if eyes were made for seeing,
Then beauty is its own excuse for Being :
Why thou wert there, O rival of the rose !

Ralph Waldo Emerson (Early Poems, 1847)

E stanno per fiorire i rododendri.

Quanta fretta, amici miei, se la bellezza ha in sé la sua ragione
per Essere, potevate aspettare primavere
più in là, stagioni adatte
ai vostri fiori che – mi sembra – tremano, per la delicatezza
dei petali, al vento
di oggi tagliente
e un po’ salmastro. Il mare
è sì lontano, però è proprio
lì davanti, guardate, dove brilla una campana
di luce dimenticata
dal sole dietro una nuvola cha hà più scuro il grigio
delle altre. E il vento
non ha ostacoli, vedete bene,
a salire quassù. Se la bellezza ha in sé la sua ragione
per Essere, potevate aspettare, anzi
dovevate. Se è così, quella della bellezza è una faccenda
che non riguarda il tempo e chi
in esso vive, è piuttosto -
direi – un’alternativa ; la ragione – se è così – della bellezza è messa,
che lo vogliate o no, al di là
di noi. Perciò possiamo solo, voi e io, averne nella mente
un’immagine, ricavata
da una conoscenza astratta, o meglio, assoluta, completamente
sciolta da ogni esperienza
avuta o possibile. Se la bellezza ha in sé la sua ragione
per Essere, il nostro divenire non le è – sappiate –
congeniale, e la fretta
diamine ! peggiora le cose. Bisogna invece ingannarla, quella sua
eterna ragione, con tutta
la lentezza che ci riesce, farla distrarre perché si avvicini
nonostante la sua prosopopea di eternità a fiori
non eterni (come chi vi ha piantati, d’altro canto). E l’impazienza
che avete avuto potrebbe
rendere, addirittura, questi vostri fiori,
effimeri, messi in fuga dopo brevi battaglie combattute
con nemici troppo più forti. Potevate aspettare, vi dico,
anzi dovevate, però, in ogni caso,
sono vostro alleato, persino – lasciatemelo dire – compagno
nel cammino che fate. Passata
questa vostra mattana
di fiorire a febbraio, potremo farne di strada. Con calma.


Le dedans et le dehors

Maintenant que le temps a fait un unique
chemin des deux nôtres nous pourrions
aussi nous en aller à la recherche d’un refuge
à l’écart et rester
isolés de tout ce qui se passe autour de nous, nous pourrions
construire quatre murs, plus épais
encore que ceux de cette maison ancienne, qui tiennent
le monde éloigné, bien que non
impossible à atteindre ; qui fassent peut-être de lui
une annexe, un superflu
important, mais pas du tout indispensable.

Je pourrais - je pense - me satisfaire d’une certaine tranquillité faite
d’un bureau au rez-de-chaussée, de vieux classiques relus
année après année et ensuite
gardés sur ma table, des compagnons
pour moi - ou plutôt (parfois je pense à leur contact) des talismans.

Maintenant, le fait est que chaque jour, sur ce chemin
que nous suivons, nous vient
l’envie de comprendre, avant de devenir vieux, s’il y a du vrai
dans le « connais-toi toi-même », s’il y a du vrai en somme dans le memento
selon lequel nous devrions
avant tout regarder en nous pour savoir
quelque chose - plus exactement ce qui
compte en fait - du monde. Et tandis que nous essayons de faire
des miroirs de nos âmes, il arrive
- que nous le voulions ou non - toujours quelque chose
qui nous fait nous distancier, qui transporte le dehors,
du dehors au dedans, en-deçà
de notre peau, et nous nous en imprégnons comme d’une pluie
qui nous surprendrait à découvert, corps
comme feuilles et comme branches, dans ces voies
étroites qui nous tourmentent avec leurs hauts et bas et leurs sampietrini
branlants.

Laissons faire. Cela voudra dire que la contradiction - celle
de la recherche intérieure et de l’être
pousse au contraire à trouver autre chose du monde qui, de dehors,
suinte au-dedans de nous
inévitablement - ce sera maintenant, sur ce chemin
que nous suivons, l’excitation de notre esprit.

Mais - je pense - une inquiétude
aussi. Est-ce possible ? D’autres questions encore,
comme toujours, une agitation
du port où j’attendais
des eaux calmes, des claques données à ma
tentation de la tranquillité en apparence
si inoffensive ?

Laissons faire, que le dedans et le dehors
de notre vie soient mêlés, contaminés
l’un par l’autre, que la pluie du dehors nous surprenne
tous les jours, tout au long du chemin : nous éclabousser
sera une façon - la nôtre - de vivre main dans la main.

*

Il dentro e il fuori

Ora che il tempo ha fatto dei nostri due un unico
cammino potremmo
anche andarcene in cerca di un rifugio
appartato e rimanere
separati da tutto ciò che a noi succede intorno, potremmo
costruire quattro mura, più spesse
ancora di quelle di questa antica casa, che il mondo
tengano lontano, seppure
non irraggiungibile ; che lo facciano magari essere
un’aggiunta, un di più
importante, ma non del tutto indispensabile.

Potrei – penso io – godermi una certa quiete fatta
di uno scrittoio a pianterreno, di vecchi classici riletti
anno dopo anno e poi
tenuti sul tavolo, compagni
per me – o piuttosto (penso a volte al toccarli) talismani.

Ora, il fatto è che ogni giorno, durante questo cammino
che facciamo, ci viene
voglia di capire, prima di diventare vecchi, se c’è del vero
nel « conosci te stesso », se c’è del vero insomma nel memento
secondo cui dovremmo
guardare in noi anzitutto per sapere
qualche cosa – anzi proprio quello
che sul serio conta – del mondo. E mentre proviamo a fare
delle nostre anime specchi, accade
- che lo vogliamo o no – sempre qualcosa
che ci fa straniare, che il di fuori, da fuori, ce lo porta
dentro, al di qua
della nostra pelle, e ci imbeviamo come di una pioggia
che ci sorprenda allo scoperto, con i corpi
come foglie e come rami, in queste vie
strette che ci tormentano coi loro sali e scendi e i sampietrini
smossi.

Lasciamo che sia così. Vorrà dire che la contraddizione – quella
del cercare dentro di noi e dell’essere
spinti invece a trovare altro che, da fuori,
dentro a noi del mondo
trasuda inevitabilmente – sarà ora, durante questo cammino
che facciamo, l’eccitazione della nostra mente.

Anche – penso io – un’inquietudine
però. È possibile ? Ancora, come sempre,
altre domande, un agitarsi
del porto dove acque
aspettavo placate, un prendere a schiaffi la mia
tentazione alla quiete così apparentemente
innocua ?

Lasciamo che sia così, che il dentro e il fuori
della nostra vita siano promiscui, contagiati
l’uno dell’altro, che la pioggia del fuori ci sorprenda
tutti i giorni, lungo tutto il cammio : inzaccherarci
sarà un modo – il nostro – di vivere per mano.

(traduction inédite de poèmes, traduits par Danièle Robert, extraits de Viaggio all’osteria della terra, San Cesario di Lecce, Manni, 2012)


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