nel timbro di una voce
a volte, nel timbro di una voce
rimane qualcosa di sospeso
come una vibrazione
dietro alfabeti fragili un filo
che preme e racconta
di un possibile restare
dentro ai lampi
a mietere
parole
dans le timbre d’une voix
parfois, dans le timbre d’une voix
il reste quelque chose en suspens
comme une vibration
derrière des alphabets fragiles un fil
qui nous oppresse et nous parle
d’un possible séjour
au cœur les éclairs
pour moissonner
des mots
il tempo amaro
viviamo il tempo dell’enigma
sospeso differito azzerato
senza agnizione, amaro
così cogliamo rose come sorprese
senza indagare le spine le foglie
le ferite, ne facciamo un mazzo
regolare tagliando i gambi
alla base, le corolle pari ché
sulla soglia dell’ospite all’apparire
siano abbaglio, (autentico)
stupore
e certi uomini stanno
superbi a contendere i giorni
in file sconnesse
inconciliati
manovrano sotto l’insegna
fragile di qualche schieramento
improvvisato
Le temps amer
nous vivons le temps de l’énigme
suspendu différé annulé
sans reconnaissance, amer
ainsi nous cueillons des roses comme des surprises
sans examiner les épines les feuilles
les blessures, nous en formons un bouquet
régulier en coupant les tiges
à la base, les corolles ajustées
de sorte que sur le seuil de l’hôte à leur apparition
elles soient un éblouissement, (authentique)
une stupeur
et certains restent fièrement
debout pour affronter les jours
dans des files inégales
sans s’être réconciliés
ils manœuvrent sous la bannière
fragile de quelque déploiement
improvisé
sfoglio la memoria
sfoglio la memoria come i petali
di un girasole per ritrovare
una forza antica, l’eco di una
voce che ristori dall’arsura
e diverga dagli inciampi consueti
dai vuoti quando incalzano
a oscurare la linea del futuro
si nasce destinati alle intemperie
agli umori del caso ? eppure
sappiamo arretrare sull’abisso
assecondare battiti vibrazioni
improvvise, capaci di distendere
contratture e nodi gemmando
pause inattese e felici
come, camminando su certi sentieri
nascosti, la fiammata improvvisa
(tra i cespugli)
di bacche autunnali
je feuillette ma mémoire
je feuillette ma mémoire comme les pétales
d’un tournesol pour retrouver
une force ancienne, l’écho d’une
voix qui se remettrait de la sécheresse
et s’écarterait des embûches habituelles
des vides lorsqu’ils vous poussent
à obscurcir la ligne de l’avenir
sommes-nous nés pour affronter les intempéries
et les humeurs du hasard ? et pourtant
nous savons nous retirer sur l’abîme
pour suivre des battements des vibrations
soudaines, capables de détendre
les contractures et les nœuds en faisant naître
des pauses inattendues et heureuses
comme, en marchant sur certains sentiers
dissimulés, la flambée soudaine
(parmi les buissons)
de baies automnales
Tutto quel che ascende converge Pierre Teilhard De Chardin sopra la cala dei ginepri
narrami dell’aurora sopra la cala
dei ginepri, luminosa come
una fragranza
delicata e sapiente come una preghiera
intonata nel deserto
claustrale
nella fede salda della penombra
chiara e il fruscio dell’angelo custode
quando pronuncia il nome
e chiama alle tappe faticose
di una notte arresa fino a scorgere
il barbaglio della rosa
che si fa via via attesa dentro
un fremito che bacia e che rincuora
e fa sentire rette la solitudine
le scarne parole a labbra giunte
l’orazione dell’orecchio che trattiene
appena il seme che ascende
e converge in virtù della bellezza
rara e democratica di ogni filo d’erba
della conchiglia che fa la sabbia rosa
dell’ulivo argenteo e del mirto, degli
oleandri, del ginepro pungente e
austero, della buganvillea radiosa
e florida come una sposa, come
la vite selvatica, e il glicine slabbrato
e sensuale sul muro sbiancato dal salso
sulla rotta del vento
limpido a pelo d’acqua dove sollevano
gli uccelli le ali, la barra dritta alla chiamata
Tout ce qui monte converge Pierre Teilhard De Chardin sur la baie des genévriers
parle-moi de l’aurore sur la baie
des genévriers, lumineuse comme
un parfum
délicate et sage comme une prière
entonnée dans le désert
érémitique
dans la foi intense de la pénombre
claire et le murmure de l’ange gardien
lorsqu’il prononce le nom
et qu’il appelle aux étapes difficiles
d’une nuit à l’abandon jusqu’au moment d’apercevoir
le flamboiement de la rose
qui devient peu à peu attente au cœur
d’un frémissement qui vous embrasse et vous rassure
et fait sentir dans leur justesse la solitude
les sobres paroles les lèvres jointes
l’oraison de l’oreille qui retient à peine
la semence qui monte
et converge en vertu de la beauté
rare et démocratique de chaque brin d’herbe
du coquillage qui rend le sable rose
de l’olivier argenté et du myrte, des
lauriers, du genévrier épineux et
austère, du bougainvillier radieux
et florissant comme une mariée, comme
la vigne sauvage, et la glycine effilochée
et sensuelle sur le mur blanchi par le sel
sur la route du vent
limpide à fleur d’eau là où élèvent
leurs ailes les oiseaux, la barre droite à l’appel
eppure il nostro cuore
gli spazi bianchi stanno
tra le lettere sopra e sotto
e dentro i segni di scrittura
allineano in recinti le parole
rovesciate a trattenere il prima
e il dopo … il silenzio
che inciampa nel mistero
e sfida i vuoti di un tempo
amaro
eppure continua il nostro cuore
a pulsare
dello splendore primigenio perché
(non c’è niente da fare)
quando noi siamo davvero
il paradiso tutti ce l’abbiamo dentro
– magari appena un richiamo… –
ci è dato nell’istante in cui
nell’utero materno germiniamo
et pourtant notre cœur
les espaces blancs se trouvent
entre les lettres au-dessus et en-dessous
comme au sein des signes d’écriture
ils alignent en clôtures les mots
inversés pour contenir l’avant
et l’après … le silence
qui trébuche dans le mystère
et défie les vides d’un temps
amer
et pourtant il continue notre cœur
de battre
avec la splendeur primordiale car
(il n’y a rien à faire)
lorsque nous sommes vraiment
le paradis nous l’avons tous en nous
- peut-être juste un rappel… -
il nous est donné à l’instant où
nous sommes conçus dans le ventre maternel
il dono dell’incanto
eppure continuano gli anni
mano a mano che avanzano
a scavare sotto il respiro
ad aprire porte inattese
(come se un oltre fosse
a fornire le chiavi)
per salvare il dono soave dell’incanto
l’azzurro di ghiaccio del cielo
invernale che sferza e abbaglia
ogni fessura di torpore
e dire che pretendevo
un tempo – e come l’attendevo –
la felicità
ora che ho smesso
essa mi incalza a sorpresa
così da estenuare (come a volte
il dolore) mi spalanca la fronte
ab ortu segnata
mi cinge alle spalle mi pulsa mi batte
nel petto finché divento canto
salmodiando
la chiarità che ingravida il creato
Le don de l’émerveillement
et pourtant elles continuent les années
au cours de leur progression
à explorer sous leur souffle
à ouvrir des portes insoupçonnées
(comme si un au-delà allait
nous en fournir les clés)
pour sauver le doux présent de l’émerveillement
le bleu glacier du ciel
d’hiver qui flagelle et éblouit
chaque interstice de torpeur
et dire que je désirais
autrefois – et je l’ai tant attendu –
le bonheur
maintenant que j’ai cessé
il me prend par surprise
au point de m’épuiser (comme parfois
la douleur) et vient m’ouvrir le front
ab ortu marqué
il m’enserre les épaules il me fait vibrer et me frappe
la poitrine jusqu’à ce que je devienne un chant
psalmodiant
la clarté qui imprègne la création
Nadia Scappini, de famille vénitienne, est née à Bagno di Romagna en 1949 et vit à Trente. Ses livres de poésie les plus récents sont La luna nuda (2007), Il ruvido mistero (2008), Un’ora perfetta (2015), Come dire dell’amore (2019), Preghiere imperfette (2022). Elle est aussi l’auteure des romans Le cigliegie sotto il tavolo (2012), Sonia il poeta (2016), et de Topografie interiori (nouvelles, 2020). Elle a publié un essai sur prière et poésie : E tuttavia Ti cerco (2008) et un essai/récit sur nourriture et convivialité Limone ruffiano (2016). Elle s’occupe de promotion culturelle, d’écriture et de critique, collaborant avec la page culturelle de quotidiens locaux et de revues nationales. Elle a organisé des conférences et des séminaires d’étude sur poésie et mythe et sur des thèmes d’actualité du journalisme.
Après une licence en langue et littérature italienne, Alain Bourdy a continué d’approfondir sa connaissance de la culture et de la poésie italienne pour laquelle il se passionne particulièrement.
Il a effectué de nombreuses traductions en français de divers poètes italiens contemporains qu’il a lues régulièrement pendant quelques années à la Maison de la Poésie d’Avignon, et dont quelques-unes sont parues dans des revues.