Extraits de Qualunque sia il nome/Quel que soit le nom, Editions d’en bas
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Ed ora ? In quale direzione | Et maintenant ? Dans quelle direction |
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Non c’era giardino, solo case. Viveva
nella pena di essere viva, pena di essere
a colpi di bastone, schioccare di pietre,
in un angolo sconcio.
Senza voce tra i denti digrignati,
talvolta, ma solo allo stremo delle forze,
si arrampicava sopra l’asse del water
e in cima si affacciava dal bugigattolo
che dava sul cortile ;
fuori l’estate lenta e inconsapevole.
Il n’y avait pas de jardin, seulement des maisons. Elle vivait
dans la douleur de vivre, douleur d’être
sous les coups de bâtons, claquements de pierres,
dans un recoin sordide.
Sans voix, montrant les dents,
parfois, mais seulement à bout de forces désespérées,
elle se hissait sur le couvercle des toilettes
apparaissait en haut de la lucarne
qui donnait sur la cour ;
dehors l’été lent et inconscient.
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Lungo la valle potresti
aggrapparti all’idea ch’è la roccia a parlare,
sempre immutabile e disposta
al grido dello gneiss e del lichene.
Ma quanto il buio si fa fitto sulle cose
e attutito è il calore dell’istante
non resta che andare più a fondo
e nessuno ti accompagna, più a fondo
la montagna è senza nome.
Le long de la vallée tu pourrais
t’acrocher à l’idée que c’est la roche qui parle,
toujours immuable et prête à recevoir
le cri du gneiss et du lichen.
Mais quand l’obscurité s’épaissit sur les choses
que s’assourdit la chaleur de l’instant
il ne reste qu’à aller tout au fond
et personne ne t’accompagne, tout au fond
la montagne est sans nom.
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Solo a tratti una voce umana ti chiama,
vi riconoscete in un sussurro,
e la gioia vi cola sul viso come cera,
il mondo riprende a pulsare e pulsa di voce e dolore. E decifri
stasera, abbracciato allo specchio di un verso,
il dovere, senza articolo, del vero.
De temps à autre seulement, une voix humaine t’appelle,
vous vous reconnaissez dans un murmure,
et la joie coule sur votre visage comme de la cire,
le monde reprend sa pulsation, et pulse de voix et de douleur. Et tu déchiffres
ce soir, choyé par le miroir d’un vers,
le devoir de la vérité nue.
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Pierre Lepori (1968), vit à Lausanne, où il occupe le poste de correspondant culturel pour la Radio Suisse Italienne. Après des études de Lettres aux Universités de Florence et Sienne, il a obtenu un doctorat ès Theaterwissenschaft à l’Université de Berne ; il a dirigé la rédaction italienne du Dictionnaire du théâtre en Suisse (Chronos, Zurich, 2005). Il est traducteur, auteur de poésie et romancier. Il est rédacteur de la revue Viceversa Letteratura et fondateur de Hétérographe, revue des homolittératures ou pas
- Qualunque sia il nome, introduction de Fabio Pusterla, Bellinzone, Edizioni Casagrande, 2003. Prix Schiller 2004 ; français : Quel que soit le nom, traduit de l’italien par Mathilde Vischer, Lausanne, Éditions d’en bas, 2010 ; english : Whatever The Name, translated from the Italian by Peter Valente, New-York, Spuyten Duyvil Publishing, 2017.
- Vento, introduction de Stefano Raimondi, Faloppio, LietoColle Libri, 2004.
- Di rabbia / De rage, version française par Mathilde Vischer, Bellinzone, Edizioni Sottoscala, 2010.
- Grisù, roman, Bellinzone, Edizioni Casagrande, 2007 (français : Sans peau, adapté par l’auteur, Lausanne, Éditions d’en bas, 2013)
- Alberto Canetta. La traversata del teatro, essai, Bellinzone/Bâle, Edizioni Casagrande/Theaterkultur Verlag, 2007.
- Il teatro nella Svizzera Italiana, la generazione dei fondatori, essai, Bellinzone, Edizioni Casagrande, 2008.
- Sexualité, Lausanne, Éditions d’en bas, 2011, version française ; Sessualità, Bellinzone, Edizioni Casagrande, 2011, version italienne (par l’auteur) ; Sexualität, Bienne, Verlag die Brotsuppe, 2011, traduction allemande par Jacqueline Aerne.
- Strade bianche, poèmes, Novare, Interlinea, 2013.
- Come cani, roman, Milano, Effigie, 2015 ; version française par l’auteur : Comme un chien, Lausanne, Éditions d’en bas, 2015.

