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Lus et approuvés (avril 2021) par Valérie Canat de Chizy

lundi 12 avril 2021, par Valérie Canat de Chizy

Cécile Guivarch, Cent ans au printemps. Les Lieux Dits (Cahiers du Loup bleu), 2021

Cécile Guivarch dédie ce recueil à son grand-père paternel, Dédé Guivarch. Au fil de ses livres de poésie, Cécile a souvent honoré la mémoire familiale, tant du côté de son père, d’origine normande, que du côté de sa mère, d’origine espagnole. La lignée, les ancêtres, tiennent une grande place dans son parcours d’écriture. Comme si écrire sur ses aïeuls lui permettait de se reconnecter à eux, de leur redonner vie, de tracer son arbre généalogique, de se souvenir d’où elle vient. Ce grand-père dont elle parle ici aurait eu cent ans au printemps. Quoi de plus beau qu’un petit livre pour célébrer cet anniversaire ? Je trouve magnifique de se souvenir de ceux qui ne sont plus, de se rappeler quel âge ils auraient aujourd’hui, de ne pas oublier les moments partagés, les bribes de vie du passé.

Les textes, courts et épurés, laissent une grande place aux sensations de l’enfance, au ciel qui prend toute la place :

Le lierre aux rideaux
envahit jusqu’au ciel

grand-père marche vers moi me cueillir dans le verger

quelque chose a pris le dessus sur le ciel
comme un souvenir un jour ordinaire
j’imagine le soleil

*

elle courait et court encore
(là où elle est)

Les images de l’enfance reviennent, les champs le bruit du tracteur / l’odeur du cidre du foin […] les pommes de terre dans le gros sac.

Cécile se souvient de sa petite main tenant celle de son grand-père, du regard bleu de ce dernier, ni un bleu de ciel ni un bleu de mer […] sa transparence d’eau / (devenue invisible).

Elle se souvient de son odeur de tabac,

le blaireau sur le lavabo
le tabac à rouler

l’ancre sur sa casquette son bleu et ses bottes une vie entre terre et mer

Il y a toujours, chez Cécile Guivarch, ce lien entre terre et ciel, ces oiseaux prêts à déplier leurs ailes pour s’envoler, cette petite fleur qui s’ouvre à la lumière et au soleil, cette légèreté de l’enfance qui voudrait courir encore, comme autrefois, dans le jardin, ouvrir grand les yeux pour contempler les lapins dans le clapier :

j’aimais bien leurs grandes oreilles
et leur petit nez remuant
avant de les voir dans la cuisine

La mort est là, aussi, celle de la guerre à laquelle a participé le grand-père, et les scènes de chasse sur la nappe de la table rappellent que c’est rapide de mourir.

Un jour, le grand-père meurt et, dans la salle à manger, le temps n’a jamais semblé aussi long / ses mains croisées sur sa poitrine.

Malgré la mort, imbriquée dans la vie, la légèreté ne doit pas cesser d’être, et aujourd’hui, Cécile se souvient de Dédé qui aurait eu cent ans au printemps, et il est bon pour elle de s’en souvenir, car cela nous met au monde.

(poitrine soulevée de tant de battements)


Thierry Radière, Entre midi et minuit. La Table ronde, 2021

Entre midi et minuit rassemble des textes rédigés sur trois ans, entre 2017 et 2019. Un ensemble conséquent d’environ 330 pages, organisé en trois parties, et qui compte beaucoup pour Thierry Radière, dont on sait que chaque jour, tôt le matin, il est à sa table d’écriture.

Les Poèmes totémiques de la première partie s’inspirent de l’univers de différents poètes, vivants ou disparus, avec lesquels Thierry Radière se sent en affinité. L’ensemble renvoie aux rencontres, réelles ou faites par l’intermédiaire des œuvres, que le poète a pu faire, et qui ont créé comme une constellation autour de lui. Cela me parle d’autant plus que, pour moi, la poésie permet de rencontrer des univers ou des personnes qui nous touchent, nous parlent, et avec lesquels un dialogue s’instaure, dans la vraie vie ou dans l’imaginaire. Nous y retrouvons donc, entre autres, Marilyse Leroux et la mer à côté de soi, Thierry Metz – Il ne reste plus rien au monde / Que la maison tes cheveux et les mots -, Christian Degoutte pour qui Manger des oranges / C’est comme caresser tes seins / Pendant que tu dors.

C’est étrange cette proximité
que je ressens
et que j’ai du mal à définir
sinon en écrivant à mon tour
des poèmes plus ou moins longs
des formes d’hommages à distance.

Dans la deuxième partie, intitulée Je n’aurais pas pu voir, se détachent un certain nombre de textes dans lesquels l’auteur s’interroge sur son rapport à l’écriture. Il y a en lui un écrivain qui a besoin de produire, d’écrire des histoires sans fin mises bout à bout / pendant des pages / et des pages. Même si l’écriture n’agit pas directement sur le réel, elle est en prise avec lui, et va de pair avec les lectures, qui nourrissent la vie intérieure. Écrire permet d’agrandir le monde en soi, de le rendre plus vivant, plus ramifié, d’établir des connexions, des associations d’idées. C’est à cela que renvoient les textes de Thierry Radière, qui partent d’un point pour arriver à un autre, et entre les deux, se déroulent tout un tas d’observations, d’impressions, de constatations, d’associations. Ainsi, de l’idée initiale naît un poème-fleuve qui s’écoule et serpente.

Pour Thierry Radière, l’écriture est comme une gymnastique qui permet d’entretenir la souplesse de sa pensée, la richesse de ses idées, le foisonnement du réel tel qu’il le perçoit. Écrire, c’est tirer sur des fils / de bobine de laine qui vont le plus loin possible. C’est à la fois reformuler le réel et l’interroger, l’agrandir et le dépasser. Écrire, c’est côtoyer la magie de créer.

Dès que la maison
où j’écris tous les jours
s’entoure du vert du jardin
une moitié à l’ombre
une moitié sous le soleil
j’aurais tendance
à arrêter mon travail
uniquement par amour
de voir les décors
se mettre en place
et avec eux
les personnages sortir
du bois près de chez moi.
Pourtant il y a longtemps
que je ne suis plus impressionné
par les effets spéciaux
mais reste toujours en moi
cette fascination pour la magie
dont j’essaie de comprendre les tours
assis à mon bureau
ligne après ligne
texte après texte
aussi déterminé
et nonchalant
qu’un lapin blanc
échappé du haut chapeau
d’un prestigidateur étranger.

Dans la troisième et dernière partie, J’avais déjà dit un jour, certains textes font également (parmi bien d’autres) allusion à la condition d’écrivain, telle que la vit notre poète.

Plus j’écris
plus je finis par accepter
de n’être surtout rien
qu’un homme uniquement fait pour ça
.

Difficile d’aborder en une seule note toutes les facettes de ce recueil riche. Le mieux est donc encore de le découvrir en le lisant !


Romain Fustier, Jusqu’à très loin. Publie.net (L’esquif), 2021

Jusqu’à très loin de Romain Fustier relate des souvenirs de paysages traversés, de lieux dans lesquels l’auteur s’est trouvé, en couple ou en famille.

Ces endroits sont souvent des lieux de partage : le café de la place, où lui et sa compagne prennent un café, renvoie à plusieurs années en arrière, au temps de leur jeunesse où ils prenaient un café, au même endroit.

Ces lieux, ces moments, ne trouvent leur vraie raison d’être que parce qu’ils ont été traversés, partagés, à deux.

C’est l’histoire d’un amour, qui dure depuis longtemps, et l’aimée imprègne de sa présence, de sa sensualité, de ses paroles rapportées, chaque passage.

il y a du linge sur le fil on entend le ruisseau – tu réalises tu déclares – pendue à la fenêtre tes obsessions – la lessive ta rêverie étendues – accrochées dans ta tête l’air de cette nuit

C’est dire que ces paysages sont imprégnés de la présence de l’autre, l’aimée, la compagne, jusqu’aux cartes postales qu’elle envoie, aux lieux qu’elle évoque au téléphone, et que le poète s’approprie, laissant sa rêverie vagabonder, le conduire jusqu’à elle, qu’il imagine déambuler dans les rues de Paris ou d’ailleurs.

ta robe sur le palier comment la trouves-tu – t’ai écoutée me demander ça tu es partie hier – que tu vois un champ de coquelicots de l’autocar tu m’as téléphoné ça – et paris incarne depuis un désir celui de t’y retrouver – dans ces rues succédant aux rues

Souvent la féminité s’immisce, présence de l’aimée toujours, qui se maquille, se parfume, s’épile les sourcils, sa robe bleue pendue à un cintre

– tes bretelles / le ciel – et les prés tu les as enfilés sur tes épaules

Ainsi les textes nous entraînent jusqu’à très loin, portés par le sentiment amoureux, le désir, par le regard et la perception de la compagne, les impressions qu’elle partage

les épingles à linge sur les fils tendus aux fenêtres les lauriers contre les murs – et tu bois de cette ambiance cette ville – cet à vif je t’aime

Écrire ces moments partagés, c’est aussi les étirer, les rendre intemporels. Les moments passent, mais le souvenir et l’écriture les fixent. Le passé revit, dans toute sa splendeur.

les maisons de la belle époque les pêcheries de la côte – sans me les rappeler je m’en souviens – si mémorables me les remémore – les représente elles représentent tellement pour moi

Les sensations, les perceptions, oiseaux que l’on entend le matin, premières feuilles du cognassier, amandier en fleur, émerveillement devant la nature, évocation du jardin, traduisent une attention au présent, l’illuminent. Faire revivre le présent, le rendre toujours vivant et beau en se remémorant les souvenirs, les images, c’est peut-être ce à quoi Romain Fustier parvient avec ce nouveau recueil qui est aussi une déclaration d’amour :

le noir dans le noir tes cheveux dans tes yeux – j’écoute le bruit du vent dans la nuit dans la nuit le bruit du vent s’écoute – et le soir me rappelle que ta chevelure est sombre me fait souvenir de toi – avec de la patience dans la patience je t’aime – parmi tout ce qui m’entoure je te découvre – te vois à travers mon corps te reconnais comme ça – même sans te voir je te reconnais – tes pas qui sont les tiens je te suis – suis toi leur bruissement – confus continu – je frémis tu murmures – je frémis te revoilà

Luce Guilbaud, Sylvie Turpin, Débordé pourpre. Les Lieux Dits (2Rives), 2020

La collection 2Rives des Lieux Dits éditions fait dialoguer les œuvres d’un(e) artiste avec les textes d’un(e) poète. Ici, les collages de Sylvie Turpin sont présentés en début d’ouvrage, et sont suivis par les poèmes de Luce Guilbaud, laquelle se présente comme témoin du travail artistique de la première.

Dans l’atelier de Sylvie Turpin, Luce Guilbaud observe les gestes de la main, les collages, les assemblages, et tente de restituer le travail, la présence, le ressenti durant l’acte créateur. Les couleurs sont très présentes, avec une prédominance du bleu. Le débordé pourpre du titre assimile la création au désir et à la sexualité.

Tu choisis les transparences
et leurs spectres colorés
des jaunes
          aux verts
                aux bleus

jusqu’aux sangs profonds
volés à la laisse de mer

les peaux violentes
les butins généreux
de tes débordés pourpres
.

La poète cherche les mots pour donner à voir la peinture, pour susciter le désir / de voir. Désir de découvrir, d’explorer l’œuvre artistique. Elle cherche à dire l’œuvre, qui est par nature silencieuse. Comment se l’approprier, la comprendre, se laisser toucher par elle ? L’œuvre peut être hermétique et soudain s’ouvrir, grand oeil qui nous absorbe / plante un dard précis et / nous laisse sans voix rejoindre / son silence de vérité lumineuse.

Luce Guilbaud est elle-même peintre, et a été enseignante d’Arts plastiques ; elle a déjà écrit des recueils dans lesquels il est question de peinture. Je pense notamment à Incarnat, paru aux éditions Contre-allées en 2011.

Je ne sais que l’essence du mot
          “peinture”
les restes       les taches       les maculatures
les débris de papier       les coups de ciseau
les traces sur le sol de l’atelier
l’envers de l’œuvre
son absence découpant le mur
c’est aussi la peinture.

Peindre, réaliser des collages suppose d’être en prise avec la matière, la couleur, les formes, les plissements ; d’être en prise avec l’émotion aussi, laquelle ajoute plus de présence à l’inconnu.

L’œuvre est réelle, elle est façonnée par les mains, l’urgence, la pensée en fusion. L’acte créateur est une alchimie de présence, d’incandescence, de quête personnelle aussi. Les mains, ce sont par elles que l’œuvre naît, elles sont canal, elles sont des mains bourgeons.

Les moments de pause sont des moments de baisse de tension, de lâcher prise dans le jardin où passent les saisons, les nuages. Ces moments sont aussi essentiels pour laisser entrer le quotidien ; pour incorporer les pigments aux gestes de tous les jours, en un rituel immuable.

Il faudra
              jardiner    nourrir les chats
              repousser les murs de la maison
              ouvrir le toit et faire entrer le vent
              découper les papier    poser les couleurs il faudra
              éplucher les légumes
              poser les assiettes sur la table
              recueillir les poussières et les cendres
              les malaxer ajouter des poudres de cobalt
              des pigments de terre ou des larmes de pourpre

relever la trace des lignes de vie
encrer le tout               mettre sous presse
et puis recommencer encore           et encore…

Sophie Marie Van Der Pas, Cette Légèreté. Les Éditions Ballade à la Lune, 2021

Dans la continuité de Les arbres bavardent, ils nous attendent, son premier recueil paru aux éditions La Centaurée en 2018, Sophie Marie Van Der Pas poursuit, avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité, l’approche de cette présence au monde qui est la sienne. La légèreté est celle qui subsiste, au-delà des épreuves, deuils et accidents de la vie, que l’on devine sous la couche des mots. Mots distillés, posés avec délicatesse sur la page pour former le poème ; mots qui sont comme les petits pois / comptés / roulés / au creux du tablier. Les sens sont à fleur de peau, le regard, le toucher, le goût, l’odorat sont en éveil ; l’imagination pétille et cligne de l’œil dans les éclats de la lumière : Épices et zestes / se déploient / sur la langue / ils travaillent en nous / l’équilibre / le corps / la couleur des pays.

Cette légèreté, celle des fleurs de poiriers, du chant du coq, du merle / en attente des fruits, permet à la poète de s’élever au-dessus de la douleur, de la colère, de la tristesse, de toutes les tumeurs / des torsions du désir / nœuds et kystes.

Le goût de croquer
mai
dans la poignée de fruits
réveil des gestes
comme si on partait
se pencher
ramasser
les fraises des bois
au loin le chemin
d’où viennent
les secrets

l’enfance
les trouées d’histoire
la cape
au fond du panier

Cette légèreté, c’est aussi, et avant tout celle de la poésie, si précieuse, celle du poème, qui vit / dans le vivant du souffle, qui s’élève / comme le regard / du peintre / lorsqu’il vient saisir / le nuage et le geste. Elle vient adoucir la rudesse de l’hiver, le froid à l’intérieur, la misère, les blessures, les pieds de sang. Le poids du silence, aussi, qui rattrape, obstrue la voix, altère la parole de celle qui était chanteuse autrefois.

Écrire, laisser courir les mots, c’est creuser à l’intérieur de soi pour trouver le courage et la force de refaire surface. Car l’essence du poème est comme un vent de désir, une force vitale qui nous fait avancer. La vie alors se concentre dans les sucres des fleurs, dans l’ivresse du printemps.

Écrire, aimer, retourner à l’été, à l’enfant qui vit toujours à l’intérieur de soi. Retrouver le paradis perdu, l’amour, l’innocence et la joie. C’est sans doute ce à quoi aspire Sophie Marie Van Der Pas, qui aime tant l’écorce des arbres, les vergers envahis d’herbe, les hortensias bleus, le chat semblant dormir sur la page, les primevères, les cerisiers en fleurs, l’enfance qui s’habille / de jupes et de rires / complices.

Je reprends un peu d’été
juste un soupçon
cubes cognés
de menthe
paille
aux airs de parasol
des livres
plein la tête
juillet s’agite
avec ses bulles rondes
ta peau
restée à l’ombre
seule
je retourne
au sable bouleversant
à l’enfant
que je suis
je garde ton sourire sous l’eau


Katia Bouchoueva, Doucement (!). Publie.net (L’esquif), 2020

Le titre s’inspire de la chanson de Charles Trenet, Douce France. Katia Bouchoueva nous entraîne dans les paysages tantôt urbains, tantôt ruraux de la France, posant sur ce pays, qui est pour elle une terre d’adoption, un regard tantôt doux, tantôt acerbe.

L’univers de la chanson est très présent, avec des parties présentées comme des refrains. L’écriture de Katia Bouchoueva est musicale, vivante, avec des vers très libres.

La France, Katia Bouchoueva semble l’aimer, tendre pays, tendre peau couverte / d’une petite brume, d’une mousse verte.

Cependant, la naïveté et l’innocence ne sont qu’apparentes, comme une façon de garder une certaine légèreté et une joie de vivre, car, sous les croûtes à gratter se cachent les plaies, et alors, que de doutes, que de doutes / dans les têtes des petites fées.

Sur un air toujours vif et alerte, sautillant ; dans une langue qui joue avec les images, la poète aborde les travers de ses concitoyens, mais aussi des thèmes préoccupants de l’actualité, comme l’écologie, les migrants, les jeunes partis rejoindre Daesh en Syrie, la pauvreté…

Ils sont rentrés de leur week-end en Ardèche
et font maintenant trois bises
à la différence de ceux rentrés de Daesh
qui n’en font plus aucune.

Cette douce France n’est pas dépourvue de défauts, et l’écriture de Katia Bouchoueva œuvre comme un scalpel, appuie là où ça fait mal, gratte les croûtes, justement, et met les plaies à vif. Mais ce n’est peut-être pas tant notre pays qui dysfonctionne que la société capitaliste dans laquelle nous vivons.

Frôlent et caressent les riches – intensément.
Creusent et embrassent les pauvres – intensément aussi.
`A travers une fenêtre d’un bus de fortune
les pauvres mangent à pleine bouche la plaine jaune et mauve.
Mais à l’aube quelqu’un leur prête des tunes.
Donner des tunes, voler la tune, c’est tout comme.

Au fur et à mesure que nous avançons dans le recueil, la vision idyllique du début s’estompe. Les petits travers deviennent de gros travers, et le recueil s’apparente à une satire sociale. Mais, qui aime bien châtie bien, pourrait-on dire ! Car, la France, Katia Bouchoueva semble l’aimer, et pourrait reprendre à son compte les paroles de Trenet : Oui je t’aime / Et je te donne ce poème / Oui je t’aime / Dans la joie ou la douleur.

Au passage, un texte en hommage à Yves Olry, l’éditeur de Color Gang, trop tôt parti :

Yves Olry, est-ce bien toi qui photographie
l’éléphant de tristesse de tout un chacun ?
Le requin de petite haine
mordille la main,
grand amour nous revient
par la “petite route” de Nathalie.

Sentiments de ce monde.
Sentiments de ce monde sont ainsi :
la journée, rouges et gros perroquets
de colère qui se disent colombes messagères,
mais que dalle ;
dans la nuit, regrettables,
insoutenables moustiques
– de la joie intérieure – s’excusent,
rendent le sang, deviennent pâles
devant toi, devant ton appareil optique.

Valérie Canat de Chizy


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