Sylvie Durbec est née à Marseille.
Vit au sud. A quatre fils. Publiée depuis plus d’une vingtaine d’années.
Poète, plasticienne, traductrice.
Aime coudre et recoudre, lier et relier, mais aussi délier (la langue).
S’efforce (en vain ?) de repousser les frontières et ses propres limites.
Vit en compagnie (d’arbres, d’oiseaux et d’humains qui lui sont chers).
Mais loin de Paris. Au Sud. Ce qui fait d’elle une sanpatri.
Extrait de (Bien difficile de) Transformer la jalousie en ballon rond, édition le Phare du Cousseix
bien difficile stopper ce qui s’enfuit
du plus ancien au plus construit
l’enfant dont la lettre a deux petits ventres
lettre de grande bienveillance
où abriter la maison d’enfance
sa main dans celle de son frère
il poursuit ce qui roule devant
ensemble ça construit plusieurs maisons
l’une s’écroule et l’autre recommence
celle qui tremble s’élance
l’une a les pieds dans le sable
et l’autre dans le sang
bien difficile danser après tout ça
courir plus facile
après un ballon
Extrait de La Coda du Sanpatri, édition Jacques Brémond
CODA
l’invention d’un sentiment patrie portative
qui fait aller ensemble l’oiseau et la charrue
la main et le torrent
la morte et les vivants
la colère sur le visage
avec celle des orages
nous l’espérons
ce sentiment on le pressent venir
dans l’amour de deux montagnes
pour une troisième
Mont Ventoux et Mont Lozère
(84/48/04)
amoureux de la montagne de Chine (pourtant le chiffre 4 est banni en Asie
si le 5 est celui de la patrie portative)
et tout ça ouvert entre terre et ciel
creusés comme le cœur dans la tête ---------------------ensemble
Extrait du paradis de l’oiseleur publié aux éditions Al manar
IV,
la mort n’a pas d’ailes
ne chante pas
ni ne vole
l’enfant le sait
qui vient
à nous
il tient le silence
par le ventre
sans la voix
chardonneret
rossignol
serin
bouche cousue
au bec dur
de la mort
Extrait de Femmes passagères de l’est, p.i.sage intérieur
Autour de la ville de Kiev
la vieille dame a été jeune fille en fuite.
Corps blanc, souple et doux, cheveux blonds.
Son fils la regarde.
Elle avance dans l’eau jusqu’à la taille
et se fraye un chemin entre les herbes.
Son fils est plus vieux qu’elle.
Elle, l’étrangère.
Pas de règles pendant six mois,
pas de sang, libre d’aller mais sans.
Petite infirmière des vivants,
pays en guerre mais sans.
Un fils à le dire sait bien le poids léger de la jeune fille russe.
La mère devenue vieille toujours aussi légère mater.
Extrait de Marseille, Éclats & quartiers, Éditions Jacques Brémond
Le soleil un voisin
nos doigts dessinent
l’ombre d’un départ
sur le mur bleu
Et toujours
l’énigme double
d’un visage
me retient.
Qui est là
Multiple voix
épais silence
dans le regard
détourné ?
Mon dessin s’efface
à cause du crayon
et de la gomme
Et la phrase que j’écris
a la faiblesse
de ma main.
Extrait carré de Livre de plein air, inédit
Trois romans publiés chez Fayard en 2001 et 2002
Un été de Reine en Finlande,
L’Apprentissage du détachement (récits)
Un bon Indien est un Indien mort
A reçu en octobre 2008 le Prix Jean Follain pour Marseille, éclats et quartiers, éditions Jacques Brémond, publié en 2009
Prix Laurent Terzieff 2014, texte Nathalie Guen, dessins Sylvie Durbec pour le court métrage Smouroute va à la cuisine, publication du livre et du DVD chez Vagamundo en mars 2015.
POESIE :
2005 Les Nuits de Vollezele, les Jours de Flandre, Cousu Main édition
2005 Stanze, traduction de Lucetta Frisa in revue Ciminiera
2006 : 3, COUSU MAIN
2009 : Marseille, éclats et quartiers, édition Jacques Brémond, prix Jean Follain 2008 (épuisé)
2009 : Comme un jardin (bleu), édition Potentille
2010 : Prendre place, une écriture de Brenne, édition Collodion (sélection prix des découvreurs)
* 2010 : Chaussures vides, scarpe vuote, Dessert de Lune
2011 : La huppe de Virginia, édition Jacques Brémond
2012 : Ce rouge qui brillait/Soutine, L’atelier du Hanneton
2013 : Le paradis de l’oiseleur, éditions Al Manar
2014 : SANPATRI, aux éditions Jacques Brémond
2014 : Route d’avril, vif tambour, l’Atelier du Hanneton
2015 : L’IDIOT(E) devant la peinture, poésie, Propos2 éditions
2015 : Un voyage aux petites plaines, éditions du petit Flou
2016 : Passagères de l’est, édition p.i.intérieur, préface James Sacré
2017 : L’ignorance des bêtes, La main qui écrit, (épuisé)
2017 : Monsieur Germinal, livre d’artiste aux éditions LNA, tirageliimité à 50 exemplaires
2017 : deux livres d’artistes avec Gérard Eppelé, Animal(s) 3 exemplaires uniques et Sur la Route de Lima, 5 exemplaires uniques.
2017 : Ma langue au chat , textes de Denis Hirson, dessins de Sylvie Durbec, Points-Seuil
2017 : Bascoulard/Opalka, propos2 éditions
2018 : Bouger les lignes, Florence St Roch, accompagnement plastique Sylvie Durbec, éditions du Museur
2018 : (Bien difficile de) transformer la jalousie en ballon rond, éditions le Phare du Cousseix
Traductions
2014 : Chaussures vides traduit en italien par Lucetta Frisa, Scarpe vuote, édizioni JOKER
Publications dans différentes revues
Po&sie, Bleue,Triages, Revue Alsacienne, Diptyque, Paysages écrits, Place de la Sorbonne, les Archers, Babel heureuse et également en Italie dans différentes revues et également aux Etats-Unis, Université d’Amherst, revue The Common.
2015 : Fugues (récits), Propos2 éditions
Traductions de l’italien
en revues et livres. Ames inquiètes et J’entends des voix, éditions Etats-Civils
à paraître : Dialogues apocryphes de Marco Ercolani
Traductions en italien Fughe, éditions Joker
et Scarpe vuote, éditions Joker
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Message
#Sylvie Durbec
Le 18 avril 2018 à 06:17, par Serge Prioul
Plaisir de relire ou de découvrir ces beaux textes. Comme aussi j’y retrouve ce qui a pu, parfois, porter ma propre envie d’écrire. Merci pour tout, chère Sylvie. Bravo pour cette bibliographie si dense : on y sens la conviction qui convient à l’acte d’écrire !
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