Sabine Dewulf est née en 1966 dans le Nord de la France. Agrégée de lettres modernes et docteur ès lettres, elle est aussi formée en psychologie et psychanalyse transpersonnelles. La poésie, les symboles, l’art et la spiritualité la passionnent tout particulièrement. Elle a également besoin de nature et de silence. Elle a cocréé Les Amis de Jules Supervielle en 2003 (association à présent présidée par Hélène Clairefond) et Les Amis de Pierre Dhainaut en 2023 (avec Sabine Zuberek et Jean-Jacques Vandewalle). Par ses notes de lecture, elle contribue à différentes revues comme Europe, Diérèse, Terre à ciel, Poezibao, Recours au poème, Terres de femmes... Elle aime écrire en compagnie d’artistes, par exemple Caroline François-Rubino ou Ise Cellier, et d’autres poètes, comme Florence Saint-Roch et Isabelle Lévesque. C’est d’ailleurs à Isabelle qu’elle doit d’avoir osé publier ses premiers poèmes en 2020, bien qu’elle écrive de la poésie depuis longtemps.
Extrait de Et je suis sur la terre (L’Herbe qui tremble, 2020)
De quel oubli es-tu
le signe vivant abîméquelquefois tu ressembles
au silence de poids que pose sur la rive
la tristesse ensabléeau lit du fleuve cependant
tu es nu et tu veillesla brise m’enveloppe ensemble respirons
je ne te retiens pas tu sais où me trouver
dans le vide en plein centrej’ai parcouru mille lieues de fatigue
mes secondes rugissentà peine as-tu reçu visage
qu’il s’est enfui je garde la lumière
de l’ange qui demeure
tu es d’air et de larme et je suis sur la terre
un feu neuf entre nous
Extrait de Tu dis délivrer la lumière (Pourquoi viens-tu si tard ?, 2021)
Nos souffles puisent à la source
qui précède la fièvresoutenue par le bond de lumière
tu pousses la question
qui t’élève déjà vers la pointe des vagues
ton corps est le navirele silence me berce encore
je cherche son assise
dans la rumeur inquiète
repasse mes contours sur les lignes flottantes
Extrait de Habitant le qui-vive (L’Herbe qui tremble, 2022)
Trop d’idées dans mon ciel
n’auront plus qu’à descendre.Ce qui longtemps fut nommé précipice
est la bouche dormante où gît
une gueule mordante,d’avant le cri.
Regarde : il n’est d’abîme
que dans l’attente d’une cime.
Extrait de Près du surgissement (Pourquoi viens-tu si tard ?, 2024)
Revenue dans le corps
je sens jaillir le sang la sève
sans proie ni prétentionrien ne manque à la joie
sa matière est le nous
la promesse ou le lienprès du surgissement
ici commence
Extrait de Magie renversée (Les Lieux-Dits, 2024)
Nous rêvons pour interroger.
Demeure la question, plus vive d’être vide,
juste son arrondi,
écho d’une clef musicienne
gardienne des lignes,
précisément suspendue entre rien
et quelque chose.Demeure l’illusion, jeu de l’oie,
ni néant, ni matière,
ni oubli, ni mémoire,
l’innommable cela que chaque mot éclaire,
que traverse
notre chair silencieuse.Retiré en lui-même,
le fossile
extrait des falaises de craie
peut-être est le vestige
de ce qui ne fut pas mais qui éprouve encore.
Il conjoint les flammes enfuies,
me rappelle que tu écris
parce que c’est ta vie.
Extrait de Où se cache la soif (L’Ail des ours, 2024)
Simplement cette mare à l’odeur resserrée.
J’avance au bord des mots
jusqu’en ce petit corps à la narine large,
complice de la terre.Voisine des racines,
la surface n’a rien du miroir.Ce qui descend demeure.
Bibliographie
Essais
● Jules Supervielle ou la connaissance poétique (2 tomes), L’Harmattan, 2001
● La Fable du monde – Jules Supervielle, coll. « Parcours de lecture », Bertrand-Lacoste, 2008
● En regard, à l’écoute – La poésie de Pierre Dhainaut à travers ses livres d’artiste, Ville de Lille et Invenit, 2021Biographies
● Pierre Dhainaut, coll. « Présence de la poésie », Les Vanneaux, 2008
● Raymond Farina, coll. « Présence de la poésie », Les Vanneaux, 2019Livres-jeux de connaissance de soi
● Les Jardins de Colette – Parcours symbolique et ludique vers notre Eden intérieur, illustrations de Josette Delecroix, Le Souffle d’Or, 2004
● Le Jeu des miroirs – Découvrez votre vrai visage avec Douglas Harding et Jules Supervielle, illustrations de Josette Delecroix, Le Souffle d’Or, 2011
● Les Trois cheveux d’or – Parcours de guérison avec les frères Grimm et Pierre Dhainaut, avec la collaboration de Stéphanie Delcourt et Eric Dewulf, Le Souffle d’Or, 2016
● L’Oracle alphamytique – Les dieux vous guident à travers les lettres sacrées, coécrit avec Antoine Charlet et illustré par Marie Dewulf, préface de Georges Colleuil et introduction de Muriel Rojas Zamudio, façonné et imprimé en France, 2021Livres de poèmes
● Et je suis sur la terre, aquarelles de Caroline François-Rubino, L’Herbe qui tremble, 2020
● Tu dis délivrer la lumière, coécrit avec Florence Saint-Roch, photographies des deux auteures, Pourquoi viens-tu si tard ?, 2021
● Habitant le qui-vive, accompagné par une œuvre d’Ise, L’Herbe qui tremble, 2022
● Près du surgissement, photographies de Stéphane Delecroix, Pourquoi viens-tu si tard ?, 2024
● Magie renversée, coécrit avec Isabelle Lévesque, peintures de Caroline François-Rubino, préface de Florence Saint-Roch, Les Lieux-Dits, 2024
● Où se cache la soif, encres et aquarelles de Caroline François-Rubino, L’Ail des ours, 2024Collaborations
● Jules Supervielle aujourd’hui, actes du colloque d’Oloron-sainte-Marie, textes réunis et présentés par Sabine Dewulf et Jacques Le Gall, Presses Universitaires de Pau, 2009
● « Le théâtre d’Ise ou la “filiation insensée” », introduction au catalogue d’exposition Ise et perdre le fil, publié par le Musée La Piscine de Roubaix, sous la direction de Sylvette Botella-Gaudichon, 2019
● Anthologie Paysage imaginaire, poèmes accompagnés de photographies, Pourquoi viens-tu si tard ?, 2022
● Anthologie Nice – The place to be, poèmes accompagnés de photographies, Pourquoi viens-tu si tard ?, 2023
● Anthologie Objets du délire, poèmes accompagnés de photographies, Pourquoi viens-tu si tard ?, 2024

