Terre à ciel
Poésie d’aujourd’hui

Accueil > Terre à ciel des poètes > Luce Guilbaud

Luce Guilbaud

samedi 28 septembre 2013, par Cécile Guivarch

Extrait de Feuillée de verts avec retouches

la présence est sans limites et la peau se renouvelle
de broussaille gelée [azur]______[/azur] en été très ébloui et blanc
jouons au papillon si tu veux parmi les fleurs
mais légère[azur]______[/azur] inconnue[azur]______[/azur] qui te regarde qui te voit
passage de vitre en vitrine [azur]______[/azur] exposée à ta naissance
sans cesse derrière toi une petite fille te suit
vibrations de pollen naissance d’une fleur en hiver
rêve de qui es-tu pour moi [azur]______[/azur] en moi de moi
toi qui dors dans ma main[azur]______[/azur] nous ensemble
sur le tapis d’une tombe[azur]______[/azur] nous dormons
sur le nom de la mort impensable avec amour
sur le nom de la morte [azur]______[/azur] seule [azur]______[/azur] qui dort
qui tire les herbes entre les mailles
qui tisse les mots de feuilles du texte

quand les feuilles vont devant et oublient

[azur]_____________[/azur]je me regarde je te regarde mère
[azur]_____________[/azur] je te séparerai de chacun de tes yeux
[azur]_____________[/azur] je te mangerai je te nommerai
[azur]_____________[/azur] je me délivrerai de toi



Extrait de Naviguer dans les marges

j’ai ouvert la fenêtre
ils sont entrés
les hortensias les fuchsias les roses trémières
bruissant de pétales de pollen d’histoires vertes
et d’abeilles
ce fut le tour des pommiers
de l’érable et des pins
mais les lauriers qui limitent le jardin
n’ont pas voulu entrer
si nous entrons c’est le village entier
avec l’église le cimetière la mairie
et même les marais avec hérons et cigognes
et puis la mer…
la fenêtre n’en pourrait plus de tant de paysages.



Extrait de Nuit l’habitable

elle traverse l’épaisseur du réel
se confond
[azur]_____[/azur]se fond dans la pensée de l’Autre

pensée [azur]__[/azur] rêvée [azur]__[/azur] écrite
accompagne les gestes quotidiens

[azur]_____[/azur] apparence/ disparition
[azur]_____[/azur] présence/absence

la sensualité du regard affine les couleurs de la pensée

notes du jour c’est la mise au jour du poème
littérature entre les mots de vivre

[azur]______________________[/azur] ce qui justifie ou voudrait
[azur]______________________[/azur] chaque jour de langue vive

petits désirs papiers de soi
et lettres sans compter mais connaître
étonnements tâtonnements [azur]__[/azur] attente

l’amour pour un voyage au long cour
sur caravelle ou nef des fous
petite écume brodée autour des lèvres
le cœur cherche son rythme
ne sait pas qu’il est rouge [azur]__[/azur] qu’il est sang.



Extrait de Pas encore et déjà

je dénoue les bras du lierre
et l’arbre éveillé multiplie
l’hiver inconnu qui lui verse des arrhes

j’ai fait mes comptes de motifs
de fréquences
[azur]_____________[/azur] (j’ai les mains libres)

[azur]_____________[/azur]lors de l’allée de charmes
[azur]_____________[/azur](c’était quand déjà ?)

la tête couchée sur la feuille
dans l’éternelle résignation du miroir
et la pluie traversée
la pluie
après les couleurs qui tiennent le mur

[azur]_____________[/azur]entre-deux du temps

où le réel s’applique
peau diffuse d’ailleurs
je me rassure dans la voix que j’attends.



Extrait de Ici rouge-gorge

D’où vient donc ce rouge ?

petit chiffon agité
derrière celui qui part
et le cœur qui se serre

l’oiseau posé sur la fenêtre
[azur]_____[/azur] regarde
avec des yeux qui savent bien
chanson rubis dans la gorge

pour tenir jusqu’à demain.

Extrait de Incarnat

S’approcher jusqu’à perdre souffle
d’une matière vibratoire
[azur]_____[/azur] la couleur est le cœur la trachée
là où respirer sous la touche du pinceau
affirme la volonté du toucher main tenue
[azur]_____[/azur] la vie sous la couleur
[azur]_____[/azur] entre les couches du collage
si près [azur]_______________[/azur] pour être aveugle
à la danse du Printemps voilée de lumière
nue d’être fleur présente à l’éclat du jour
apparaître [azur]____________________________[/azur] naître
la femme lointaine révélée
au miroir fascinant de l’autre
[azur]_____[/azur] si tu touches l’eau elle se referme
[azur]_____[/azur] tu ne connais les fonds que pour t’y
perdre
et tu ne touches que la distance de l’autre.



Extrait de Au présent d’infini

taureau même blanc
[azur]_____[/azur] même très doux
[azur]_____[/azur] j’aurais eu peur de lui
[azur]_____[/azur] il ne m’aurait pas enlevée sur son dos
cygne je ne dis pas
[azur]_____[/azur] son long col ses caresses
[azur]_____[/azur] sa barque silencieuse
[azur]_____[/azur] parmi les herbes aquatiques
cygne je crois
[azur]_____[/azur] qu’il m’aurait entraînée
[azur]_____[/azur] dans ses profondes neiges.


Luce Guilbaud

Peintre. Poète. Professeur agrégé d’Arts Plastiques.

Diverses expositions en France et en Allemagne.

Illustrations de revues.
Accompagnement de recueils de poésie pour :
J.G.Cosculluella. J. Bremond. P. Perrin. J. Charpentreau. Clod’ Aria.
JP..Georges. CH. Delcourt. J. Held. C. Andriot. A Boudet. J.D.Chéné.
Catherine Mafaraud. A.M. Wilwerth. Yves-Jacques Boin. Joël Bastard.

Recueils :

- La mutation des racines. Ed. SGDP 1 975
- Pierre de souche. G.Monti 1977
- La chair a vif des roses. Ed . Le Pont de l’épée 1978
- L’âge des terres fluides. Ed.ARCAM 1979
- Les repaires de la nuit Ed. Le Dé Bleu 1979
- Dérivée. Ed. Soc et Foc 1984
- En retard d’une foudre. Ed. Le Pont de l’Epée 1 984
- Présages et tremblements. Ed. La Bartavelle 1989
- Une journée, quelques mots simples. Ed. La Bartavelle 1992 1997
- Partage du couchant. Ed. La Bartavelle 1997
- Le coeur antérieur. Ed. Le Dé Bleu 1998
- Auto-Portrait à ciel perdu. Ed. Tarabuste 1998
- L’homme perpendiculaire dans sa nuit. Encres Vives 1999
- A mon seul désir. Ed. Les petits classiques du Grand Pirate 2001
- Une pluie de non retour. Ed. Bernard Dumerchez 2002
- Rouge incertain. Coédition Les écrits des Forges/ Le Dé Bleu 2002
-  Une robe de feuilles. Ficelle n° 51. Atelier V. Rougier 2003
-  Noir et après. Alain Benoît. 2004
-  Elle lui dirait la mer. Ed. Tarabuste. 2004
-  Sanguine. Ed. La Renarde Rouge. 2005
-  Au terme de l’abeille. Ficelle n° 87. Atelier V. Rougier 2008
-  Feuillée de verts avec retouches. Ed. Tarabuste. 2009
-  Méandres. Tirage limité. Nelly Buret. 2010
-  Incarnat. Ed. Contre-allées. 2011
-  Au présent d’infini. Ficelle n° 107. Vincent Rougier. 2012
-  Iris. Avec Danielle Fournier. Ed. L’Hexagone. Québec. 2012
-  Nuit l’habitable. Ed. Les Arêtes. La Rochelle. 2012
-  Pas encore et déjà. Ed. Henry. 2012

Pour la jeunesse :

- Les moustaches vertes. Ed. Le Dé Bleu 1981 1986 1997
- La petite feuille aux yeux bleus. Id. 1983 1998
- Des fourmis dans les mots. Ed. L’épi de seigle 1997 1999
- Une cigale dans la tête. Ed. Le Dé Bleu / Ecrits des forges 1998
- Les oiseaux sont pleins de nuages. Ed . Soc et Foc 2001
- Qui,Que,Quoi ? Ed. Tarabuste 2002
- Poèmes du matin au soir. Coédition Dé Bleu/Ecrits des Forges. 2004
- Du sel sur la langue. Ed. SOC et FOC 2004
- L’enfant sur la branche. Le farfadet bleu. Ed. L’Idée Bleue. 2008
- Ici rouge gorge. Ed. La renarde rouge. 2010
- Par les plumes de l’alouette. Ed. Corps puce. 2012
- Naviguer dans les marges. Ed. Soc et Foc. 2013
- Qui va là ? Ed. Les carnets du dessert de lune. Bruxelles. 2013

Livres d’artistes, parutions en anthologies, revues...

(Photo : Michel Durigneux)


Bookmark and Share


Réagir | Commenter

spip 3 inside | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0 Terre à ciel 2005-2013 | Textes & photos © Tous droits réservés