Terre à ciel
Poésie d’aujourd’hui

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Hélène Sanguinetti

samedi 28 septembre 2013, par Cécile Guivarch

Et voici la chanson (L’Amandier, novembre 2012)

Ecouter : JOUG 3 (extrait), prise de son François de Bortoli
(durée : 2’40")



JOUG 3


Il est 18h 35
dans la cabane
aucune nouvelle
le ciel est gris il y a du vent un peu de vent
ciel gris bleuté une mouche grésille contre
la lampe le ventilateur de
la mûrisserie fait un bruit d’enfer
Il est 18h 39 d’aucune nouvelle
18h 40
de Corbeau
un-peu-de-vent
ce-n’est-pas-une-mouche-
insecte-long-ailé-pas-beau-pas-exprès
le ventilateur fait
beaucoup de bruit
pas beaucoup
mais trop

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[azur]_______[/azur]

[azur]______________________________________________________[/azur]9h 21 il pleut quelques
[azur]______________________________________________________[/azur]gouttes sur la cabane
[azur]______________________________________________________[/azur]elle sent
[azur]______________________________________________________[/azur]ciel gris avec du vent un peu
[azur]______________________________________________________[/azur]le même
[azur]______________________________________________________[/azur]9h 23-Balancement
[azur]______________________________________________________[/azur]des feuillages
[azur]______________________________________________________[/azur]loin Afrique ?
[azur]______________________________________________________[/azur]non pas loin, pas très, croyait
[azur]______________________________________________________[/azur]avion c’était oiseau 16h 39
[azur]______________________________________________________[/azur]c’était
[azur]______________________________________________________[/azur]avion tornade de jardin
[azur]______________________________________________________[/azur]légitime


Aux
Paupières du
soldat– dort à l’envers dans le métro
Au
riche cœur écrasé sur la vitrine – une Mouche
Danseuse-Mouche-de coin collante et revient
sur le soldat met ses Lunettes Sales
de travers

Quel désespoir est entré depuis !

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[azur]______________________________________________________[/azur] LÂCHEZ LES CHIENS
[azur]______________________________________________________[/azur] LÂCHEZ LES CHIENS
[azur]______________________________________________________[/azur] LÂCHEZ LES CHIENS
[azur]______________________________________________________[/azur] LÂCHEZ LES CHIENS
[azur]______________________________________________________[/azur] Ne pas cesser mordre
[azur]______________________________________________________[/azur] la roche avec bave poils crocs
[azur]______________________________________________________[/azur] poids, tout. Muscles, des Tas.
[azur]______________________________________________________[/azur] Hurlaient. Hurlements.
[azur]______________________________________________________[/azur] Animaux (8).

(8) : danseurs aussi parfois



(Une pie) , (Publie.net, coll. l’Inadvertance, 2009)

Écouter : sur Publie.net

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« J’étouffe sous ma viande » C’est un hanneton qui
passe, un air de jeune coq, car il fait plus chaud pour
tous, aujourd’hui,
les nerfs ressortent même dans les bas-côtés,
on entend naître et vieillir [azur]_____[/azur] puis
on entend l’eau, l’athlète, un thorax de panthère,
l’espoir (immortel)

***

Tête d’un chien se lève vers Celui qui le regarde avec la
main,
[azur]____[/azur] échangent Douceur sur le chemin tombe une pluie
très fine un peu de soleil enchante l’air de mai, sur le
chemin de terre où flottent trois peupliers, les femmes
viennent en promenade .......................Vieillesse ! tes
griffes de soie, tes crocs d’enfant
[azur]__________[/azur] Dans le fossé, l’eau circule malgré herbes,
brindilles, moustiques ou demoiselles juste nées, un
chien qui garde aboie deux cyclistes ont peur pour
leurs mollets, des figues sous leurs fleurs ne verront
rien de ce jour-là,



Toi, Tu ne vieillis plus, tu regardes la montagne , (Publie.net, coll. l’Inadvertance, 2009)

Écouter : sur publie.net

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[azur]_____[/azur] coulantes abeilles
[azur]_____[/azur] espèrent dans la branche d’un pin
[azur]_____[/azur] Cette branche touche le sol,
[azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] Presque,
[azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] On peut descendre,
[azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] Sous la terre,
[azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] Qui circule en barque légère ?
[azur]_____[/azur][azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] Vent, voix, et abeilles,
[azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] secrets compagnons de la surface,
[azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] [azur]_____[/azur] et de son ombre —
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Onze heures vingt-cinq, sur le muragliòne encore chaud, en face, au bas de la maison, il faudrait tout éteindre pour les voir mieux, quel ciel ! il n’y a qu’ici
Retour des grelots très très loin, c’est un conte, aboiements dernier passage embaumé de la fée son carrosse, balancement de chouette, en face, vers Casabianca, sur la route de —
COUQUE SERRE UNE CARTE POSTALE DE TROIS ROSES ROUGES SUR FOND NOIR, SANS PAILLETTES, UN PEU TRISTES, ECRITE DE SAINT-CYR-AU-MONT-D’OR LE 6 MAI 42 , pour son premier anniversaire, il était le
premier à lui envoyer des roses et des baisers

(Samedi, 22/08)



Le héros , (Poésie/Flammarion, avril 2008)

Femme stérile (dit l’ogre) je te mangerai et je commencerai par le bas,
objet de tant de conférences

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Et toujours : exister, loin, exister
Plantés de flèches et de pissenlit, l’eau de la bassine

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Comme courir, s’écheveler, rugir, il y a dans Joie tels Bonds,
jeter son gant sur le pré, et la jument envoie sur le monde des nuages
fabriqués aux naseaux, des tourbillons

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Très doux. Un filet de poils de ciel. Très doux. Peut-être chaud.
Ami, se dit en marchant, et les épaules n’ont aucun mal à supporter la tête
de Celui qui vient

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Qui mange avec ses doigts, à genoux, Jour en a besoin, beaucoup, et il ne
sait rien encore, il pouffe dans sa manche, avec les dents il fait de la
musique,

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(…)

Maintenant que j’y pense et puisque jardin fleurit et oiseaux de poésie
boivent,

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Ce fut douceur, la tenait par la main son poignet lui apprenait comment
avec un bout de langue et de peau âpres et têtues une langue sans mots
enfin, Ami pour toujours, disait-elle, pourquoi veux-tu nous oublier si
vite, aimait les mots d’amour, voulait,

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Amie disait-il, peau suffit

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Puisque du ciel recommence puisque doucement _____ et qui parle à
travers l’herbe ? s’appelle herbe même un fil sorti du sable sans
ronchonner s’appelle herbe et vent passe vent fait bouger

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De retour, il est là, il sort de la piste, tout fut rêve et désastre tantôt ainsi
un jour puis l’autre l’inverse, il sort de la piste d’une aventure comme
aucune

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Pour manger, s’assoit sur le tapis rayé, au centre un bol de soupe, un
papillon de nuit la lampe à gaz, fait passer une délicate parole, le bol
fumant

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Des mots de rien,

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Sur les doigts, qu’on ose baiser et rebaiser, puis dans la bouche, puis
avalés, avec les grives et des dattes toutes pierres sur le sol immense terre
avec enfants venus de l’air, se taire dit l’un, chanter dit l’autre, et s’en font
un bouquet,

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[azur]_____[/azur]

demandons des nouvelles, que nous soyons hôtes légers, un souffle serait
plus lourd à nourrir, autant messagers avec des bribes, des éclats de
fenouil
, une araignée minuscule sortie de là

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Cela fut cela sera, et qui, Héros, quoi pour l’ombre, quoi pour le fronton,
le peint en rouge décadent, Héros comme fut et sera je change de
chemise j’épouse cette fille au balcon avec un chat,

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Alparegho, Pareil-à-rien (L’Act Mem, fonds Comp’Act , 2005)
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Ecouter : sur le printemps des poètes
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[azur]_____[/azur] De quel pays quel pays
[azur]_____[/azur] venez-vous,
[azur]_____[/azur] car il existe un passage,
[azur]_____[/azur] c’est sûr et archi-sûr,
[azur]_____[/azur] entre les arbres et le
[azur]_____[/azur] vent,
[azur]_____[/azur] où votre barque pourrait
[azur]_____[/azur] tenir un instant à l’abri
[azur]_____[/azur] du courant terrible,
[azur]_____[/azur] l’enfant du Nord, il avale
[azur]_____[/azur] de la glace avec ses
[azur]_____[/azur] larmes d’enfant perdu.

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[azur]_____[/azur] "D’où venez-vous, enfin ?
[azur]_____[/azur] Entre votre sourire et
[azur]_____[/azur] votre peau, on dirait qu’il
[azur]_____[/azur] n’y a rien,
[azur]_____[/azur] pareil pour votre main et
[azur]_____[/azur] votre front où la main
[azur]_____[/azur] pense,
[azur]_____[/azur] quoi de nous ?
[azur]_____[/azur] Pauvres nous sommes,
[azur]_____[/azur] pensez-vous ?
[azur]_____[/azur] Et quoi encore, car vous
[azur]_____[/azur] regardez sans les yeux,
[azur]_____[/azur] de quoi vraiment avons-nous
[azur]_____[/azur] l’air,
[azur]_____[/azur] à vos genoux ?

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[azur]_____[/azur] Pauvres nous sommes et
[azur]_____[/azur] le restons à cheval,
[azur]_____[/azur] malgré cheval si brave
[azur]_____[/azur] qu’il traverse où il veut,
[azur]_____[/azur] mais nous, glissant sur
[azur]_____[/azur] les flancs, nos belles
[azur]_____[/azur] armes sentent encore
[azur]_____[/azur] sentent
[azur]_____[/azur] l’air massacré de mai
[azur]_____[/azur] se venge aujourd’hui.

[azur]_____[/azur] Vous arrivez,
[azur]_____[/azur] vous vous penchez,
[azur]_____[/azur] vous prenez votre coton,
[azur]_____[/azur] votre robe, elle sent
[azur]_____[/azur] l’herbe du bord, encore
[azur]_____[/azur] elle sent,
[azur]_____[/azur] cette herbe et le ciel et le
[azur]_____[/azur] ciel "
[azur]_____[/azur] Ainsi ont dit.
[azur]_____[/azur] Très, les yeux
[azur]_____[/azur] La faute à l’air, si haut.
[azur]_____[/azur] Un ours est passé ici,
[azur]_____[/azur] ses enfants sur le dos,
[azur]_____[/azur] d’avoir faim, avaient
[azur]_____[/azur] grand faim.
[azur]_____[/azur] Qui suivra dans la neige
[azur]_____[/azur] pour aimer ?
[azur]_____[/azur] Très, les doigts,
[azur]_____[/azur] d’avoir serré
[azur]_____[/azur] Pouvoir et Vouloir,
[azur]_____[/azur] si haut !

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D’ici, de ce berceau (Poésie/Flammarion, 2003)
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[azur]_________[/azur] Filles,

à vos mémoires criblées de pluie derrière la grille de
l’hôpital,
aux va-et-vient dans l’armoire en fer sous les pâtes
de fruits,
à ce peigne toujours mouillé,
à vos jupes qui ne tiennent qu’à vos doigts, vos
bijoux.
Vos cheveux sur l’oreiller.
N’attendez pas d’être nuages,
la lucarne pleine de nuit, les petits mots sucrés
précipités, qui clôturent la bouche

[azur]_____[/azur]
[azur]_____[/azur]

Elle appelle elle appelle elle appelle Lucie
aux beaux yeux, la disparue aux fesses
promptes, par tous les noms qu’on donne à la
petite sœur, Cachée, Figue, Barbeuse,
Agglutinée,

[azur]___________[/azur] Ô Lugia,
je suis couchée vieille et démente. Je compte
jusqu’à 7, je multiplie par 7, j’envoie un 7
dans ton dos, un coureur et un danseur, un 7
en flamme dans l’oreille, comme hier.

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D’ici,
[azur]_____[/azur] D’une bassine fumante, en tôle, avec des anses
[azur]__________[/azur] posée sur les tomettes
[azur]________________[/azur] Voguant au fond de la bassine
[azur]_________________________[/azur] sur les tomettes éclatées de la cuisine

[azur]________________________________[/azur] (Cuisine perchée dans le vent du 47 !)

De ce berceau,
[azur]__________[/azur] Tire le pouce et meurs.

Belles fées, odorantes fées,
Voici le jour, on vous étrangle,

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Malgré la petite gourde, malgré les croûtes du plâtre, l’humidité
sous les boîtes à lettres où le mur gonfle et gonfle
ivre

[azur]____________________________________[/azur] (ivre mur du 47)

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De la main gauche, exploratrice (Poésie/Flammarion, 1999)
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Depuis j’ai tiré ma toile de rechange (on y enroule aussi les morts durant le voyage) et j’ai écrit dessus en gros : ----------––– Si je meurs, laissez-moi debout que j’espère encore ----------–––
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Ce n’est pas une plaine, pas une plaine de sable pas un désert, du sable seulement du sable du sable, plat, souffle fils ! souffle dans ta corne, annonce annonce tes nouveaux chevaliers ces pas-de-nom ! Il faut être plus nu, on a eu du courage, ah, maintenant patience, patience il en faudra !
Souffle souffle Fils, pète ta corne ou tes joues, ça va si fort tirer sur les yeux et la langue, il faut apprendre à vivre enfin, a dit Chango, éclaireur.
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“Puis là-bas là-bas d’autres montagnes et d’autres, on verra la mer, d’en haut” ce fut dit doucement doucement ajouté. Maintenant il s’est couché sur le dos et mains derrière la tête, il remonte le ciel jusqu’à la nuit, c’est-à-dire qu’il croit à sa place dans l’univers, sûrement, et à celle de chacun.

-------------- “J’ai trouvé un mouton très près d’ici, il saigne de la bouche, il meurt on le mangera”, c’était le lendemain matin, très tôt, on détachait les mules et l’air poissait jusqu’aux sexes, les Etres de plumes tous curieux voulaient voir, le mouton, “Chango il a la sagesse en plus, Emilio, il n’a pas la sagesse” -------------- Une voix passait ainsi d’un Etre de plumes à l’autre, très haut entre nuages presque, répétant la nouvelle vérité, et moi qu’est-ce que j’ai en plus ou en moins ?

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C’EST DU SABLE ! C’EST DU SABLE ! Il souffle le fils, il court. DIABLE DIABLE DIABLE ! JE ME MONTRE ET JE SUIS HEUREUX.
Il court, il souffle et il souffle, VOICI LES NOUVEAUX CHEVALIERS ET LEURS FEMMES CHEVALIÈRES AH ! OH ! AH ! OH ! AH ! OH ! ------------------ ET LEUR CHARROI ! SABLE SABLE SABLE !
LE CŒUR EST ROUGE ROUGE ROUGE ROUGE ROUGE SOUS LE SABLE ––––––––––––––––––––––––––––––––––––
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Quel souffleur de corne celui-là ----------------––––––––––––– Mon Fils, arrête.
Lui, frappe sa poitrine sa bouche son sexe il frappe, et tout est rouge et il est nu : “C’est d’ici et avec ça que je l’aime et l’aimerai !”
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Le cœur est rouge rouge sous le sable, il saigne de battre, le rossignol le cœur ------------------------------------–
Et il souffle souffle le Fils, l’homme jeune l’homme violent l’homme doux, qui aime.
Et il est nu.
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Ainsi après des jours des jours et encore des jours et des jours, se reforma la caravane, d’êtres venus de nulle part et partout, trouvés en route à ne rien faire, certains tête levée et immobiles ont suivi et tenant leurs enfants par la main d’autres, sûrs de traverser à nouveau un fleuve par là-bas vers l’est de tout temps plus souriant aux miséreux ont-ils dit, un fleuve et les singes querelleurs.

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Fille de Jeanne-Félicie, 1986 (in De la main gauche, exploratrice)
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36
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Fille de Jeanne-Félicie,
Fille de Louis-Joseph,
Fille de France, celle-là
et aucune autre, pour ce temps-là
et sur cette terre,
parmi nous.
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37
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Il pleut des âmes tièdes, une poitrine de fleur.
Jeunes filles, ne perdez pas la trace sous les arbres,
attendrissez votre fourrure, laissez couler vos seins
sur la mousse, algues des profondeurs, guidez-moi.
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38
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Car l’Aventure commence là où l’escorte se fie à l’épaisseur
de la poussière sous la charrette, les yeux clos.
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39
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Filles vivantes sous la terre, eaux innombrables,
et qui coulez infiniment donner le pain et mettre
l’ordre, on ne monte pas impunément dans votre barque.
Chance au suceur de pouce ! leur sablier joue la lumière
d’un rêve en poudre à son chevet.
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40
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Au quatrième étage, sur le balcon de fonte brûlante,
elle jouait les jours de grand vent, au capitaine plus
fort que la haute mer.
Regarder le ciel tête renversée, c’était baigner dans l’eau
conquise jusqu’aux pauvres flèches de l’église du quartier.
Enfant, qu’as-tu caché qui ne soit perdu ?
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41
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Plus le nuage grandit, plus il se pulvérise.
Aussi l’homme s’applique-t-il à produire.
Toute lignée est l’expression de son refus : disparaître.

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Née à Marseille en 1951, Hélène Sanguinetti fait ses études de Lettres à l’université d’Aix-en-Provence où Raymond Jean est le premier à découvrir son écriture. Elle publie pour la première fois dans la revue "Europe" sous le nom d’Hélène Sange. Jeune professeur, elle est nommée dans une cité minière du nord-est de la France, où elle passe plusieurs années fondatrices. Sans jamais quitter le poème, mais répondant à l’urgence de transmettre au quotidien et ne se déplaisant pas dans le retrait, elle "retarde" la mise au jour de ses textes, et multiplie ses activités de création et de recherche : théâtre, poésie (qu’elle fait vivre à ses élèves en classe et en Atelier), pédagogie (elle devient chargée de mission pour la poésie au rectorat de Nancy-Metz où elle anime de nombreux stages pour les enseignants). De retour en Provence, des rencontres déterminantes la décident à faire lire son travail, et son premier livre, De la main gauche, exploratrice, paraît en 1999 dans la collection Poésie/Flammarion.
Depuis, elle "poursuit sa trajectoire poétique, inflexible et ardente" (A.Paoli, TdF) et, toujours très attirée par la rencontre entre les différents langages artistiques, elle travaille à ce qu’elle aime appeler "du poème", une langue visuelle et sonore, langue du mouvement et du devenir, chargée de tout un peuple et de ses voix.

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Bibliographie

Et voici la chanson, l’Amandier, Coll. Accents graves/Accents aigus, 2012
Le Héros, Flammarion, 2008
Hence this cradle, trad. de D’ici, de ce berceau, Ann Cefola, bilingue, Otis Books/Seismicity Ed., Los Angeles, 2007
Alparegho, pareil-à-rien, L’Act Mem, 2005
D’ici, de ce berceau, Flammarion, 2003
De la main gauche, exploratrice, Flammarion, 1999

Publications numériques

Toi, tu ne vieillis plus, tu regardes la montagne,
(Une pie), Texte-Voix (Publie.net, Coll. L’Inadvertance", 2009)

Compagnonnages

– Interventions plastiques :
La vie passagère du bois, avec Odile Fix (à paraître, 2013), D’ici avec Anna Baranek, Les Cahiers du Museur, À côté (à paraître, 2013), Deux Noyaux Pour Commencer La Journée avec Stéphanie Ferrat, Remarque, 2009 http://www.editionsunes.fr/pages/deux-noyaux-8230571.html – Gora soli, avec Anna Baranek, L’Attentive, 2008, O 3, cahier d’artiste, Les Ennemis de Paterne Berrichon & Espace Liberté de Crest, 2006, http://cahier-peinture-o.e-monsite.com/pages/o-3.html

– Chorégraphie : Corinne Barbara a dansé, Les Editions du soir au matin, 2009

Entretiens récents

RTBF, « La Pensée et les Hommes », La place du lyrisme contemporain en poésie : "les voix d’Hélène Sanguinetti" entretien avec Th. Genicot (avec la participation de M. Verhaegen et Y. di Manno) - L’Enigme-poésie : Entretiens avec 21 poètes françaises, John C. Stout, Ed. Rodopi, Amsterdam

Liens
On peut retrouver HELENE SANGUINETTI sur :
http://www.m-e-l.fr/,ec,434
http://www.printempsdespoetes.com/index.php?url=poetheque/poetes_fiche.php&cle=63
http://remue.net/spip.php?mot570
http://www.claude-ber.org/HELENE-SANGUINETTI_a144.html
http://www.ensba-lyon.fr/conferences/fiche.php?a=08&id=454
http://www.musanostra.fr/Helene%20Sanguinetti%20,%20poete%20portrait,%20musanostra.html (1e partie d’un autoportrait)
http://grandemenuiserie.fr/ (entretien avec Thierry Genicot, La place du lyrisme contemporain en poésie : "les voix d’Hélène Sanguinetti" avec la participation de Muriel Verhaegen et Yves di Manno, RTBF, 2010)

On peut écouter et lire des extraits de Et voici la chanson (L’Amandier, 2012) sur :
http://grandemenuiserie.fr/spip.php?article97

http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2012/12/hélène-sanguinetti-et-voici-la-chanson.html

http://www.printempsdespoetes.com/index.php?url=poetheque/parutions_fiche.php&cle=4773
On peut retrouver des recensions sur Et voici la chanson à http://www.editionsamandier.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=339

NOTA : Et voici la chanson fait partie de la sélection du PRIX DES DECOUVREURS 2013-2014 :
http://www.ville-boulogne-sur-mer.fr/culture-a-patrimoine/le-prix-des-decouvreursdossier-decouvreurs-2013-14.pdf.pdf

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© Photo Régis Nardoux-2012


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