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Lectures de Luce Guilbaud

samedi 15 juillet 2017, par Cécile Guivarch

  • 30 poèmes, Etienne Paulin, Editions Henry

Le plaisir et la surprise sont encore au rendez-vous avec le nouveau recueil d’Etienne Paulin : 30 poèmes, publié aux éditions Henry.
La poésie d’Etienne Paulin est là, toujours où on ne l’attend pas. Une étrange familiarité qui ne déroute qu’en apparence : les yeux sauvages font des myrtilles/ disent souvent qu’il fait trop noir. Légèreté apparente du propos qui cache une certaine mélancolie dans une réalité en marge ainsi qu’une grande liberté dans l’ajustement des mots : dis-moi tout l’hortensia et puis la moue des paresseux : c’est là. Les mots semblent choisis comme en passant, au hasard, dans une sorte de retenue mais on voit bien qu’Etienne Paulin maîtrise parfaitement ce « peu » et les références à Cummings sont précieuses pour comprendre son projet poétique : des mots qui parleraient entre eux/ et qu’on laisserait dire/ c’est le poème – est-ce tout le poème ? non mais c’est lui justement.

  • La ville aux maisons qui penchent. Suites nantaises, Marie-Hélène Prouteau, Editions la chambre d’échos, en librairie le 10 octobre 2017.

Marie-Hélène Prouteau nous entraîne dans une promenade/ arpentage de la ville de Nantes. On ne peut s’empêcher de penser à Julien Gracq mais si elle met ses pas dans ceux de Gracq, ce sont bien ses propres déambulations dans la ville affairée d’aujourd’hui où le passé affleure – l’époque des gabarres, la guerre et l’occupation allemande – dans cette ville de pierres blanches tranchée au fer – et le magnolia du Jardin des Plantes, veilleur et guetteur silencieux, les cinquante otages… Cette ville a son temps à elle. Elle fait la part des choses entre les siècles passés et la modernité. Loin de la mer elle est pourtant sensible aux marées. On est sur le port avec les terribles souvenirs de la traite, ce passé qui pèse encore sur Nantes derrière la richesse de ses façades.
Elle fait une liste de l’étrange dans la ville où l’art est présent avec le souvenir de Turner et de ses aquarelles de la Loire, du port et des bateaux au XIX°. La rêverie fait des ricochets inattendus dans les flaques du temps.
Des livres, des tableaux, des films, toute une initiation à être, à penser, à imaginer à travers ses lieux de vie quotidienne. La relation particulière à cette ville mobilise l’identité de l’écrivain. Cette ville qui est pour elle, la ville de vie, du travail, de la culture, des rencontres. La ferveur du regard de Marie-Hélène Prouteau et son attention à sa ville font lever en nous des désirs de partager ses déambulations. On se souvient de Julien Gracq citant Baudelaire : La forme d’une ville change plus vite, on le sait que le cœur d’un mortel…

Luce Guilbaud 2017

Rencontre-lectures à deux voix de La ville aux maisons qui penchent,
avec Marie-Hélène Prouteau et la plasticienne Olga Boldyreff dont le
travail est évoqué dans le livre, salle de la librairie Coiffard. Samedi 7 octobre, 16 H.


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