Extrait de Nos œuvres inutiles
Dakar
Je passe la lame du rasoir sur ton crâne.
Il fait chaud. Les gens fourmillent alentour
nous lancent des regards obliques
mais ne remarquent pas la mousse fraîche du savon
ni mes mains sur ta peau.
Ils sentent simplement tes yeux danser autour de mes gestes.
Un rideau rouge.
Le carrelage blanc de la terrasse
où se blottissent nos corps consumés de nuit.
Ici, dehors n’est pas vraiment dehors
et le chant des oiseaux indique
l’heure de la première prière.

