Rougier V. éd., collection Plis urgents n°57, 2020
Faire toute la lumière – voilà une nécessité (un courage, une faveur – une urgence aussi, oui, V. Rougier a raison) qu’on aimerait de tous les instants. Aussi ce recueil de poèmes de J. Persini, dont l’esprit est capté et visuellement transposé par le plasticien-poète M. Mahlem, s’attache-t-il à rassembler « Ce qui vient de lumière ». D’emblé, nous notons l’étrangeté de la formule : « Ce qui vient de lumière », et non « Ce qui vient de la lumière », alors que nous trouverons, presque à la fin du recueil, « Ce qui vient de l’ombre ». De fait, « lumière », sans déterminant d’aucune sorte, devient une entité particulière – presque une personne. En tout état de cause, la lumière accompagne le poète et le peintre dans leur quête respective. Tous deux fabriquent (cherchent, inventent) des images. Le premier, grâce aux mots, travaille au dévoilement du sens, suscite éclairs et éclats signifiants ; le second, par le travail des formes et des couleurs, et aussi abstrait soit-il, nous engage à percevoir autrement des réalités (impressions, perceptions) pour le moins éclairantes.


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