Un ange à notre table
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Les Percussions de Treffort est un groupe de musiciens professionnels en situation d’handicap fondé par Alain Goudard en 1979. Il s’agît d’un projet artistique porté de manière commune par Résonnance Contemporaine et l’ADAPEI de l’Ain.
Le groupe est constitué aujourd’hui de 6 personnes : Jean-Pierre BARBOSA DA SILVA (qui est aussi l’éducateur du groupe) Christian SEUX Mathieu CONVERT Dominique BATAILLARD Asmãa ALOUI Adrien JARRET
Lorsque le groupe est devenu professionnel en 2015, (…)
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entre nos orteils nus s’évase bleu-trouble la lagune
le sable vaste mouvant
où s’enfoncent nos pas s’effacent mes empreintes entre les crabes secs les coquilles cassées le (…)
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Le quotidien N’est qu’un kidnappeur Un empêcheur
L’imprimer en images Le projeter en multiples miroirs Le distordre d’un réel
Nous sommes deux Quand nous regardons Ton œuvre
(…)
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j’ouvre les yeux dans l’air vide la pupille s’allume
fourmillement du papier ouvert sur la table le livre scintille
coupe en perspective
la main s’épanouit comble
(…)
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25 juin 2024 à Noé, né le 24 juillet 2024
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les enfants que vont devenir les enfants ?
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on les jette au feu dans un chaudron
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on aurait voulu qu’ils nagent dans la lumière (…)
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Géographie de l’aube
Ne serait l’aube inachevée les trajectoires
cité qui se déploie dans les contours d’une carte à venir
deux rues parallèles bien que courbes
la germination lente des passages nefs arcades
rayonnement magnétique des vies qui l’habitent. (…)
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Terre à ciel des poètes
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Née à Paris en 1949, Joëlle Abed a grandi en Afrique de l’Est, à Djibouti. C’est sans doute sur ces terres arides jusqu’à l’os de début du monde, où la chaleur est hostile jusqu’au vertige, où les sociétés française et autochtone ne se côtoient guère (l’une forte de la certitude d’y apporter un modèle de civilisation, l’autre traînant ses oripeaux, entre maladies, consommation de kat et désœuvrement), qu’elle a forgé sa conscience poétique et politique. Son retour en France dans les années (…)
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Michel DIAZ, né de l’autre côté de la Méditerranée, vit à Tours où il a enseigné la littérature et l’art dramatique. Spécialiste de l’œuvre du dramaturge Arthur Adamov, il lui a consacré une thèse de doctorat et une vaste biobibliographie. Attiré très tôt par la poésie, il a surtout d’abord écrit surtout pour le théâtre, une douzaine de pièces dont quelques-unes ont représentées ou diffusées à la radio (France-Culture, la R.T.B.F.), mais il est aussi l’auteur, chez différents éditeurs, de (…)
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Corinne Le Lepvrier, poétesse penchant par /vers le fragment et l’intime. Née un
jour d’été trop tôt, partie, revenue en Finistère, sans relâche sur le point d’un départ.
A étudié seule durant de longues nuits. Parce que la poésie, elle abandonne sa thèse
de doctorat en Sciences de l’Education.
Depuis à se perdre et s’y retrouver, elle croise la matière autobiographique ; l’autre e(s)t soi jusqu’à l’humanité (qui vient).
Le plus souvent elle dit que c’est contre le tout venant de (…)
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Camille Loivier vit à Paris. Poétesse, traductrice du mandarin. Elle a voyagé et séjourné en Chine, puis au Japon, enfin à Taïwan vers où une grande partie de sa vie s’est tournée. Sa première thèse portait sur un philosophe chinois du troisième siècle et la deuxième fut consacrée à l’écriture du romancier taïwanais Wang Wen-hsing. Elle a dirigé la revue Neige d’Août, tournée vers la pensée et la poésie d’Asie du Sud-Est, (aux pays précédents s’ajoutent la Corée, le Tibet, le Vietnam…) (…)
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Bernard Noël, né en 1930 et mort en 2021 est un poète, écrivain et essayiste français.
Après avoir exercé divers petits métiers, Bernard Noël gagne sa vie comme rédacteur pour les encyclopédies Laffont-Bompiani. Son premier livre Extraits du corps paraît en 1958 aux éditions de Minuit. Il a joué un rôle important dans le monde de l’édition. Il a été directeur littéraire, puis il a pris la direction de la collection « Textes » de Flammarion. Bernard Noël a réalisé de nombreuses traductions (…)
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Antonio Rodriguez, né en 1973, vit et travaille à Lausanne. Il a publié plusieurs recueils aux éditions Empreintes en Suisse et chez Tarabuste en France.
D’abord engagé dans une Poésie du corps et du quotidien (2000-2007), il publie Saveurs du réel et En la Demeure, des poèmes en prose aux aphorismes pour lesquels il prend pour ancrage le quotidien. La construction de soi passe dans ces deux ouvrages par des extériorisations : le premier volume engage une traversée d’une éducation (…)
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Voix du monde
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FSR : Arnoldo, comment avez-vous découvert l’œuvre de Robert Rehder ?
AF : Par hasard. En allant sur le site de son éditeur, j’étais à l’affût de nouveauté, et j’ai repéré un titre qui me parlait, I’m back and still returning. Peut-être aussi que m’a retenu la reproduction qui ornait la couverture. Je dois préciser qu’il s’agit d’une publication posthume, Rehder l’a achevée l’année même de son décès en 2009 ; jusqu’alors, deux recueils avaient été publiés de lui, The Compromises Will Be (…)
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Guilhem FABRE est sinologue, coordinateur de Révo.cul dans la Chine pop. : anthologie de la presse des gardes rouges, 1966-1967 (Éd. 10/18, Paris, 1974) et traducteur avec Huang San de deux romans de Yu Luojin, Le nouveau conte d’hiver et Conte de (…)
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Les 60 poèmes présentés ici en version bilingue, écrits en 2024 à la demande de po&psy sont une première édition y compris dans leur langue originale.
Gerald Vizenor est le plus prolifique des (…)
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Ouladzimir Stsiapan, né en 1958 à Kastsioukowka, en Biélorussie, est un artiste, écrivain, poète et journaliste biélorusse. Diplômé de l’École des Arts de А. Hlebaw, puis de l’Académie des Arts de Biélorussie, il a pratiqué le graphisme de livres. Pendant presque 20 ans, il a travaillé pour la télévision (…)
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Gary Lawless, né en 1951, est poète, libraire, rédacteur en chef et éditeur (Blackberry Books) Né à Belfast, dans le Maine, en 1951, il vit depuis 1986 à Nobleboro, avec sa femme, la photographe Beth Leonard. D’abord gardiens de Chimney Farm, la propriété des écrivains Henry Beston et Elizabeth Coatsworth, ils en ont (…)
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Bonjour chère Gaëlle Fonlupt, en 2024 est paru aux Éditions Corlevour votre traduction de la poésie de Ron Rash, Réveiller les morts et autres poèmes. Comment avez-vous découvert la poésie de Ron Rash et pourquoi vous avez eu envie de le traduire ?
J’ai découvert Ron Rash grâce à Réginald Gaillard qui, après avoir édité mon premier recueil, m’a proposé de traduire cet auteur américain dont je n’avais lu que les romans. J’ai lu sa poésie et j’ai tout de suite été embarquée par sa puissance. (…)
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Paysages
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Chère Françoise, je suis venue il y a quelques années chez toi, à Lajoux dans le Jura. C’était au mois de décembre pour Bivouac, des poètes en hiver, soirée de poésie organisée par la Bibliothèque de ton village depuis une quinzaine d’années. J’ai adoré découvrir ta maison sur laquelle était inscrite en grandes lettres « poterie ». Elle n’est plus en activité aujourd’hui, mais les (…)
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D’abord – sous les doigts de Jean-Louis Kuntzel –, c’est un bouquet de couleurs, fraîches et légères, un peu comme dans les peintures de Dufy, plus abstrait cependant (non moins vivant, loin s’en faut) : il n’y a pas ici le moindre décor, le moindre indice de lieu géographique. Nous voici immergés dans la nature, à laquelle se mêle toute la clarté de l’enfance : des traits comme des herbes roses, des taches vertes, buissons ou cœurs, puis, un peu plus loin, une explosion vert tendre dans un essaim de fleurs ou de feuilles esquissées à l’encre noire, de petites taches rouges…
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Avec les œuvres de Michèle Destarac, nous voici dépaysés, déposés dans une enfance primordiale, tâtonnante et débordante : comme dans les œuvres de Cobra ou celles d’expressionnistes abstraits, la spontanéité gestuelle semble reine, ainsi qu’un mariage possible entre écriture et peinture.
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Marie Alloy est à la fois peintre et graveuse et elle se consacre aussi à la poésie. Elle aime entretenir le dialogue avec des poètes d’aujourd’hui, en particulier dans la maison d’édition qu’elle anime, Le Silence qui roule. Ses nombreuses gravures répondent aux poèmes inédits d’Eugène Guillevic, Dominique Sampiero, Antoine Emaz, Pierre Dhainaut, Abdellatif Laabi et bien d’autres. (…)
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Voici un magnifique ouvrage au format ample, au papier épais et à l’unité remarquable : de page en page, les volutes d’encre des deux artistes épousent les mots de mer et d’air tracés par le poète, à moins qu’elles ne l’inspirent (Alice Baxter, dans sa préface, explique précisément comment s’est fait le va-et-vient entre ces trois acteurs.) Deux styles picturaux pourtant différents - les calligraphies de Malouine Rousseau, les encres plus descriptives d’Antoinette Pham
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Deux événements concomitants ont donné matière à ce « paysage » : une importante exposition personnelle de Germain Roesz, Germain Roesz, Lumière, chaos, couleur, qui se tient du 12 octobre 2024 au 12 janvier 2025 à la galerie Nicole Buck, à Hurtigheim (67), et qui rassemble des œuvres, peintures et sculptures, réalisées par l’artiste de 2013 à 2024. (…)
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L’arbre à parole
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J’ouvre au hasard Traversée des visages de Francis Gonnet et je lis : « Mais quel est le vrai visage de l’arbre, entre écorce et sève ?// Délace ton regard trop serré. L’endroit des mots est bois rugueux, l’envers est coulée de lumière. » (Traversée des visages, p.17, Éditions du Cygne) Ainsi, le visage n’est pas réservé à l’être humain, comme une longue tradition remontant sans doute à l’Antiquité, à travers les portraits, anonymes ou non, que les différentes civilisations nous ont (…)
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Il y a des ouvrages que l’on est heureux de voir réédités : le programme ReLIRE de la Bibliothèque Nationale de France permet en effet depuis 2012 de faciliter la réédition numérique d’ouvrages introuvables. C’est ainsi que Boue, recueil poétique d’Antoine Émaz, est disponible aux éditions FeniXX. L’auteur, poète et enseignant disparu en 2019, y livre une poésie singulière où l’écriture rythme et donne forme à l’indifférencié d’un ciel gris, de terres longues et de solitudes ternes.
La (…)
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- Nouveaux courants, de Philippe Jaffeux, Les Météores
- L’abécédaire d’un chemin, de Jacqueline Persini, éditions Henry
- Vrouz, de Valérie Rouzeau, La Table ronde, réédition en format poche
- Pastels, de Jean-Guy Coulange, J.G. Coulange et Superflux, distribution Presses du réel
- Past Time Paradise, de Frédéric Khodja et Jacques Sicard, Les murmurations, non folioté Creative Cloud All Apps includes full versions of Photoshop, Premiere Pro, Illustrator, Adobe Express Premium, Acrobat Pro, Firefly..
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- VERS UN PARLEMENT DE LOIRE : une fiction institutionnelle territoriale. Maud Le Floc’h, Marine Dussutour, Clémence Mathieu, Bruno Marmiroli, Annabelle Royer, Lou Hermann, Eloise Baslé / 2023
- De la Loire, Phillippe Beck. Argol éditions, collection L’Estran / Poésies contemporaines. 2008
- Last call les murènes. Maude Veilleux. Bouclard Editions. 2023
- La petite distance. Corinne Le Lepvrier. Editions de l’Aigrette. 2024
- The Magics Border / poèmes et fragments de My Soft Machine. Arlo Parks. Editions Robert Laffont. 2023
- Yoko Ono. Julia Kerninon. Editions L’Iconoclaste / collection L’iconopop / Paris, 2023
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Les terres obliques commencent où vous les attendez le moins, c’est-à-dire au coin de vous-même.
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Ainsi qu’il a été déjà dit, la qualité de la conversation fait la qualité du bonheur.
Qu’y a-t-il de plus agréable dans l’existence que des conversations sincères et détendues ? On s’y exprime et l’on confronte ses propres pensées à celles de contemporains qu’on imaginait lointains.
Mille fois, cent fois, on a l’occasion d’affiner sa pensée, de corriger ses idées, tout en sachant que (…)
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Cher Gabriel,
J’ai retrouvé avec plaisir dans Plus loin que l’atelier ton univers poétique très conscient de lui-même, l’exigence parfois altière de ton écriture qui, de rejet en enjambement, se tient et se retient avant de se laisser aller, soudain, à des constellations de métaphores qui fusent dans le ciel du poème comme des feux d’artifice ; ton écriture sans concession qui se concentre sur la matérialité de son objet comme le menuisier, le peintre ou l’ébéniste, mais avec l’ascèce (…)
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A l’écoute
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Isabelle Lévesque : « Contre-jours », au pluriel, désigne-t-il les poèmes réunis dans ce livre ou la suite de moments qui les a suscités ? Patricia Castex Menier : La genèse de ce livre est une sorte de journal sous forme de courts poèmes : il s’agissait de noter « au jour le jour » la progression de l’inéluctable, et c’est ce premier titre qui m’était (…)
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La couverture de ton nouveau livre donne trois titres successifs. S’agit-il du rassemblement de trois poèmes différents ou l’as-tu conçu comme un ensemble ? Et, dans ce cas, pourquoi ne pas lui avoir donné un titre unique ?
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Pour prolonger la page dédiée au poète Michel Diaz, et éclairer plus avant encore sa pratique poétique, rien de tel que de recueillir sa parole et le laisser lui-même développer sa pensée. D’où cet entretien, où nous nous plaçons à l’écoute. FSR : Michel, dans Fêlure, je lis : « Il ne faudrait écrire qu’en amont de soi-même » - formule superbe, à la croisée du vœu et de l’injonction. Est-ce que vous pouvez préciser ce que représente cet « amont de soi-même » pour vous ?
MD : Je veux dire (…)
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Mathias Lair : À première vue, voici un livre empreint de désespoir…
François Thiery-Mourelet : Un peu de désespoir, un peu d’humour, un peu d’abandon…
Il y a quand même des tonnes de raisons pour ne pas être optimiste, pour rigoler et pour se
laisser couler…
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F.D. Tu disais, dans « L’Autour du feu » précédent : « je me surprends à espérer [...], j’écris [...] jusqu’à ce que ce que mon poème fasse pencher la barrière ». Je me souviens d’une barrière dans un poème de Jean Follain dans « Exister », un des poèmes que je préfère entre tous, une barrière merveilleuse qui s’ouvre entre un dedans et un dehors qui s’agrandissent jusqu’à l’infini d’être restés dans la belle simplicité qu’on imagine à ce berger. Je ne sais pas s’il s’agit à proprement (…)
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FSR : Michèle, il n’échappe à personne que la musique tient une place prééminente dans tes poèmes. La Troisième main, par exemple, est un recueil intégralement dédié à l’écoute d’œuvres musicales. Dans le poème liminaire intitulé « Cicatrisation », tu écris : « Le son est guérison ». La poésie, pour toi, détient-elle une même puissance de guérison ?
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Bonnes maisons
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Voici un bref panorama d’une vingtaine de revues de poésie, rares survivantes d’une époque où elles faisaient florès. La présentation choisie se déroule par ordre décroissant depuis Comme en poésie, « l’ancêtre » qui fête son numéro 100, jusqu’à Résurgences, (…)
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Entretien avec Patrick Ducler qui a créé en 2022 les éditions Esdée à Camoël, par Ghislaine Lejard
Un ami écrivain cherchait un éditeur. Mais les conditions n’étaient pas favorables. De mon côté, à cette même époque, je rédigeais de courts textes en regard de dessins qui me sont chers, réalisés au début des années 90. L’idée d’en faire un livre, de s’éditer (et non de s’auto-éditer chez un de ces nombreux éditeurs en ligne) faisait son chemin. La possibilité de créer facilement une auto-entreprise m’a permis de franchir le rubicon. Il se trouve que j’habite en Bretagne.
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Entretien avec David Dielen, par Cécile Guivarch
Bonjour David Dielen, vous avez fondé une toute jeune revue de poésie, dont le premier numéro est paru en mars 2024. Une revue un peu particulière car il s’agit d’y publier de l’éco-poésie. Parlez-nous donc de la naissance de la revue, de quelle nécessité est-elle née selon vous ?
Le projet des Haleurs, profondément attaché à la notion de commun, s’est néanmoins d’abord cristallisé lors d’une épreuve intime. En novembre 2022, ma mère est décédée. Je suis entré alors dans une longue période de doutes et d’interrogations au cours de laquelle, chaque matin, je faisais une marche sur le chemin de halage au bord de l’Yonne où je vis, à la frontière avec la Seine-et-Marne. Cet espace de nature, un peu à l’écart des activités et des nuisances humaines, si restreint soit-il, m’a permis progressivement de penser un projet littéraire qui réunirait ma curiosité pour les « choses » de la nature (fleurs et plantes, oiseaux, roches, fossiles et minéraux, eau…) et mon goût pour la poésie.
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Entretien avec Elie Petit et Tugdual de Morel, co-éditeurs de la Revue Affixe par Cécile Guivarch
Je viens de recevoir le 2ème numéro de la revue Affixe en service de presse et j’en trouve l’idée étonnante, détonante, aussi dé-coiffante ! Vous la définissez comme une revue littéraire des préfixes et suffixes, et du coup, vous pourriez nous en parler ? Quel est le principe de cette revue ? Et comment est-elle née ?
]A[ : Bonjour ! Et merci de nous accueillir dans vos colonnes. Affixe emprunte son nom aux éléments lexicaux qui s’ajoutent aux mots pour en modifier le sens ou la fonction : les préfixes, suffixes et infixes. Son premier numéro est dédié au suffixe -ment, formateur du plus grand nombre d’adverbes, aussi bien que de substantifs divers. Son deuxième numéro est sorti en mars dernier. Il est consacré au préfixe dé-.
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Présentation de Florence Saint-Roch
« Cultivez vos angles morts », telle est l’injonction inscrite au frontispice du site dédié aux éditions Angle mort. Cette maison d’édition, indépendante d’un point de vue statutaire et économique, l’est aussi en terme d’indépendance d’esprit. « Nous souhaitons inventer notre manière de faire, fièrement et librement », décrètent ses fondateurs, les « deux amis » Henri Alain et Célestin de Meeûs, dans les propos qui définissent leur démarche commune.
Et en effet, on ne peut, au vu du catalogue qui va s’étoffant depuis la création de la maison en 2018, que se réjouir de la façon dont ces jeunes gens servent leur amour de la littérature, et de la façon dont s’articulent, dans leurs réalisations, goût du travail bien fait et affirmation de leur liberté.
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Entretien avec Philippe Agostini par Cécile Guivarch
Bonjour et merci de nous accueillir ici. La maison d’édition est née d’une rencontre fortuite entre quelques auteurs dont les textes n’avaient que peu de visibilité et l’envie de Bruno Guattari de, je le cite, « avoir le plaisir de glisser ces écrits dans la poche de sa veste ». Alors que nous ne nous connaissions pas, j’ai proposé mon aide et rejoint Bruno assez vite pour la réalisation des maquettes, puis, l’amitié venant, pour développer son projet. Mais ni Bruno, ni moi-même, ne savions sans doute que ces premiers livres déboucheraient sur le catalogue que nous avons constitué depuis. Si la nécessité première - ou tout au moins le désir de voir exister ces livres - était tout à fait spontanée, elle s’est peu à peu transformée, au contact des auteurs et des découvertes, en quelque chose de plus réfléchi, plus structuré…
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Bonnes feuilles
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- Sophie Marie van der Pas, Quelque chose s’en va. L’ail des ours, 2025
- Hélène Dassavray, Petite fille de Séoul. La Boucherie littéraire, 2024
- Arnoldo Feuer, Le bec de la mésange. L’herbe qui tremble, 2025
- Emmanuelle Le Cam, La définitive ouverture des veines. Les éditions SANS ESCALE, 2025
- Sophie Brassart, Geste de toile. Éditions du Cygne, 2024
- Mathilde Hinault, Pas une vie en l’air. Les Carnets du Dessert de Lune, 2024
- Laurent Deheppe, Autre chose qui compte. Donner à voir, 2024
- Philippe Leuckx, Petites notes. Les Lieux-Dits (Cahiers du Loup bleu), 2025
- Nicolas Rouzet, Une vie plus vraie que la mienne. Encres vives n°546, 2025
- Patrick Argenté, Noctambules et journaliers. Les Lieux-Dits (Cahiers du Loup bleu), 2024
- Agnès Valentin, Trouer la nuit. Éditions Au Salvart, 2024
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- Infini présent / Fabienne Raphoz
- Des objets nous accompagnent (ou l’inverse) / James Sacré
- Je ne vis pas dans un jardin de roses / Maria Mercedes Carranza
- La maison vide / Yari Bernasconi
- Contre-jours / Patricia Castex-Menier
- La ruée vers l’ombre / Arthur Billerey
- 27 fois la muraille de Chine : je me suis posé la réponse et M’ont murmuré les campagnes / Milène Tournier
- là où ça veille / Alexis Pelletier
- Nature en décomposition / Camille Loivier
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- Isabelle Alentour, Chaque jour je lie, je relie, Collection Jour & Nuit, Les Lieux-Dits éditions, 2025
- Jean-Christophe Belleveaux, Géographies furtives, éditions Gros Texte/ Collection La Dispo, 2025
- Thibault Marthouret, Seuls les œufs durs résisteront, Backland éditions, 2025
- Joëlle Abed, lunettes et autre buée, éditions Gros Texte, photographies de l’auteure (2016 2021)
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- Patricia Castex Menier, Contre-jours, L’herbe qui tremble, 2025
- Marie Alloy, Noir au fond, Voix d’encre, 2025
- Joëlle Abed, Lunettes et autre buée, éditions Gros textes, 2024
- Dominique Chipot, Le maître est parti avec les oiseaux, éditions Pippa, 2025
- François David, Grain de livre, mitonné et offert
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- Christiane Veschambre, Là où je n’écris pas, éditions Isabelle Sauvage
- Anna Milani, Cantique du lac, Cheyne éditeur
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- Leaving Tulsa, Jennifer Elise Foerster, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Béatrice Machet, Æncrages & Co
- Rafales, Béatrice Machet, Lanskine
- Le Semainier, poèmes & calligraphies, Siméon Lerouge, La plume de Léonie
- Mirouault / les murs seuls nous écrivent, Serge Prioul, La plume de Léonie
- Le double été, Ariane Dreyfus, Le Castor Astral
- Flottement sur la rive / Narcisse parmi les eaux suivi de Manifeste des cailloux, David Dielen, Les Haleurs Editions
- Lucarnes, Jacques Goorma, Arfuyen
- Töölönlahti, la baie d’Helsinki, Anja Erämaja,, traduction de Marja Nykanen (finlandais), Les Carnets du dessert de lune, collection LUA
- Là où nous ne sommes pas, Guéorgui Gospodinov, traduction Marie Vrinat (bulgare), Les Carnets du dessert de lune, collection LUA
- Quatrains au goût populaire, Fernando Pessoa, traduit du portugais par Danièle Faugeras et Lorena Vita Ferreiera, érés - Po&Psy
- Paysage d’herbes folles, Santōka, poèmes traduits du japonais par Danièle Faugeras et Azusa Kurokawa, érés - Po&Psy
- Les cendres de l’envol, Chams Langaroudi, poèmes traduits du persan par Farideh RAVA, érés – Po&Psy
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Bonnes feuilles (2)
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- Jean-Baptiste PÉDINI : Un monde à nu (Cheyne éd., 2024)
- Richard TAILLEFER : Les Invisibles (Gros Textes éd., 2024)
- Éric CHASSEFIÈRE : Garder vivante la flamme du poème (Sémaphore éd., 2024)
- Florence SAINT-ROCH : Cartographies (L’Ail des Ours éd., 2024)
- Jean LE BOEL : l’enfant sur la berge (la rumeur libre éd., 2024)
- Luce GUILBAUD : L’un de l’autre (Henry éd., 2024)
- Jean-Claude TOUZEIL : Cyclitude (Gros Textes éd., 2024)
- François de CORNIÈRE : Ces traces de nous (Le Castor Astral éd., 2025)
- Jean-Noël GUÉNO : La cour aux tilleuls (Encres Vives éd., 2024)
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- Roselyne Sibille – Une libellule sur l’épaule – L’Ail des ours n°25
- Lin Yaoh-teh – De la neige dans un bol en argent – Circé – 2024
- Jacques Sojcher, La démarche poétique - 10/18
- Orée Li, Primevères fantômes, édition des Lisières
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- Cantilène, Marie Huot – éditions Al Manar
- L’enfant sur la berge, Jean le Boël – Editions La rumeur libre
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- Chloé Charpentier, Nous les derniers vivants, éd. Tarmac
- Jos Garnier, Ultima Thulé, le requiem, éd. Tarmac
- Alain Marc, Cette Sorte d’évidence, éd. Tarmac
- Eric Dubois, Journal, éd. Douro
- Nadège Cheref, La chair équivoque, éd. Tarmac
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- Un tant soit peu de lumière, Eve Lerner, Diabase octobre 2024
- La chanson à deux bouches, Domi Bergougnoux, éditions du Cygne
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- Cécile GUIVARCH : Si elles s’envolent (Au Salvart éd., 2024)
- Jeanine SALESSE : As-tu rejoint l’ île ? (Petra éd., 2024)
- Jean-Louis RAMBOUR : La bonne volonté de vivre / Y trouver la fièvre (L’herbe qui tremble éd., 2024),
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Mille-Feuilles
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Ultima Thulé le requiem, Jos Garnier, éditions Tarmac, printemps 2025, 57 pages, 18 euros
Décidemment Jean-Claude Goiri, responsable des éditions Tarmac, a le chic pour publier des livres
qui marquent, des écritures singulières et qui transpirent la nécessité de porter un autre regard,
de partager une autre expérience.
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Le double été, Ariane Dreyfus, éd Le Castor Astral, 16 €.
La poésie est réputée pour être le lieu de l’expression de l’intime, de l’être essentiel. Ou du Vrai (oui, avec un grand V), de la Vérité de l’être. Cette poésie de l’intime se double souvent d’une poésie de l’instantané : l’instant passant pour le révélateur de l’intime ; bref, faut que le cœur fait des bonds.
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Nous les perçants, Maryvonne Coat, Isabelle Sauvage, novembre 2024
Comme dans les autres recueils de Maryvonne Coat, l’organisation spatiale, visuelle de Nous les perçants fait sens. Ici, l’espace matériel du livre s’organise en deux terrains distincts, les pages de gauche, territoire de « nous les Perçants », les pages de droite celui de « nous autres ».
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Boucan. Le mot claque, résonne, se répète comme un cri primal, une déflagration sonore. Dès le titre, il s’impose avec une intensité fulgurante.
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Annie Dana, « Tremblement des jours », Rougier V. éd., Ficelle & Plis Urgents 160è, Mars 2025
Passeur éphémère de l’éphémère, le poète à la sensibilité tremblante mais lucide ne laisse rien
passer de ce qu’il y a de pire dans sa vie et dans la vie (...)
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Bernard Grasset, Et le vent sur la terre des hommes, Voyage III (2009-2018), éditions La Rumeur libre / Henry, La Main aux Poètes, 48 p., 10 €
Dans son dernier recueil, Et le vent sur la terre des hommes, aux Éditions Henry, Bernard Grasset nous offre des images, des impressions tirées de ses songes, quelques paysages, quelques visages épargnés par le vent et ramassés au cours de longues marches (...)
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Terre à ciel a reçu
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Livres tout frais, reçus...
Les feuilles ne tombent pas, elles s’envolent, Flora Delalande, lignes d’horizons
Je suis le mur, Élisabeth Chabuel, cheyne
Folie, fureur et ferveur - œuvres poétiques (1972-1975), Anne Sexton, traduction de l’anglais (Etats-Unis) de Sabine Huynh, des femmes-Antoinette Fouque
Sa voix lointaine, Anne Brousseau / Claude Stassart-Springer, L’Atelier des Noyers
Selon la houle, Michel Bourçon, Accents poétiques
monde minime, Romain Frezzato, L’Atelier contemporain
Nature en décomposition, Camille Loivier, Backland éditions
Focales, Gorguinen Valougeorgis, Tarmac éditions
Pas une vie en l’air, Mathilde Hinault, Les Carnets du Dessert de Lune
En mode avion, Myriam Oh, Les Carnets du Dessert de Lune
Prophétesse, Daniel Payot, Les parallèles croisés, Les Lieux-Dits
j’ai soulevé les grandes images, Jacqueline Dusuzeau, Collection Jour & Nuit, Les Lieux-Dits
Labiales, Marc Quaghebeur, Collection Jour & Nuit, Les Lieux-Dits
le lieu de la lueur, Erwann Rougé, Cahiers du Loup bleu, Les Lieux-Dits
Noctambules et journaliers, Patrick Argenté, Cahiers du Loup bleu, Les Lieux-Dits
Tout amour est douleur de n’être pas plus grand, Elisabeth Pelloquin, éditions Ex Aequo
L’invention des couleurs, Isabelle Lévesque / Pierre Dhainaut, L’Ail des ours
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