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« Densité des rouges-gorges », Antemanha, éditions Unicité, 2026, par Marie-Hélène Prouteau

lundi 31 mai 2010, par Cécile Guivarch

 
Densité des rouges-gorges, Antemanha, éditions Unicité, 2026, 151 pages.

La poétesse franco-allemande Antemanha poursuit son cheminement personnel avec son nouveau recueil, Densité des rouges-gorges, aux éditions Unicité.

Ce qui frappe, c’est la belle fluidité musicale de cette écriture qui contient poèmes et poésies en prose. Le recueil se compose de 12 chapitres. Autant de moments musicaux en train de naître : Racines, Notre peau est velours, Vie sauvage dans la ville, Couleur d’effraction, Une pierre dans le ciel, Eau de rêve, Funambules, L’émeute du corps, Chant des étoiles, La carte du Tendre, Bouche de fer, Les forces que nous sommes.

L’écriture tisse ensemble des collages, un haïku, des pierres éparses à la Octavio Paz réalisées par l’auteure, la poète Antemanha mêlant des tonalités extrêmement diverses. Des visions insolites, oniriques, comme la « forêt interdite ». Des références éco-poétiques, tel le fleuve maori Whanganui qui s’est vu doté d’une entité vivante. Des références à la mythologie grecque ou à Salambô comme au mouvement Dada. Le rayonnement d’objets imprégnés de la nature qui tient dans son espace fragile le lichen, un trio de sauterelles, les rouges-gorges, entre autres. Susurrations, paroles au vent, soupirs musicaux, rythmes de tambours accompagnent la musicienne-poète de leurs vives respirations.
Les fragments de ce qui semble une transcription en langue berbère, les dédicaces à Nida Younis, Philippe Tancelin, Pablo Poblète, un message à Kafka, l’hommage au photographe américain Walker Evans, à Anselm Kiefer et à Paul Celan illustrent la richesse polyphonique du recueil. Tout comme le dialogue présent au fil des pages entre texte et image, à travers les créations d’Antemanha elle-même et l’aquarelle de couverture de Léa Kishida.

Le fil subtil qui relie ces différentes facettes, c’est le rêve qui sert de catalyseur à un mouvement intérieur chaleureux. Un mouvement attentif à toute respiration du vivant, méditatif sur la croissance/décroissance. Le zeppelin, image ancienne de l’arsenal guerrier allemand, se métamorphose ainsi en son contraire et clôt superbement le recueil : « La mission du zeppelin est d’explorer Espérance […] Illuminé l’espace océan de demain ».

Marie-Hélène Prouteau


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