J’aime que la poésie, comme l’art et la musique, défasse nos visions, ouvre nos jugements, agrandisse, élargisse, jusqu’à offrir ce droit « de porter un toast / à [l]a fuite » (Karel Logist). Lisant Paul Celan, Marie-Hélène Prouteau écrit : « Le poème est une poignée de mains » ; François David l’affirme : « Toute clôture est une lisière ». Ainsi, là où nous déplorons (jusqu’à la nausée) le tragique et l’absurde, le poème, de sa fine pointe, déplace les frontières, efface nos œillères, (…)

21 - Pour que la vie jaillisse (Décembre 2024)