Souhaiter à tous une année nouvelle vraiment nouvelle, voilà qui, par-delà les usages, sonne comme une nécessité. Ce début 2021, les vœux ont plus que jamais valeur vocative – formulent ce qui nous appelle, ce à quoi nous sommes appelés. En ces temps d’« eaux noires » où l’on peut jusqu’à entendre « pleurer les pierres », notre résolution se raffermit, aussi notre équipe, avec tous ceux qui le veulent, s’engage à remuer terre et ciel en poésie.
Parce que, ainsi l’énonce Edmond Jabès, « nous mourons de ce qui nous réduit », nous voici tous vivement exhortés à la pleine expression, sommés d’œuvrer aux plus complets développements. Si nous ne pouvons pas toujours repousser les murs, en revanche, nous pouvons créer des brèches, ménager des ouvertures, interstices ou intervalles qui nous donnent de l’air, et nous permettent de voir plus loin et plus clair : « saisi du dehors/œil buvant le flux », force est de sonder « les obscurités nécessaires » et de gagner les « lueurs » comme on gagne les hauteurs. Dès que l’on instaure un écart, il nous est loisible d’y « chercher d’autres espaces », de « rêver », de laisser surgir « sept soleils », de produire des échos, d’accueillir des voix nouvelles. Susciter de l’autre, ou devenir autre, autant d’évolutions qui requièrent d’« avoir foi en la marche », de « traverser le désert », d’« être seuil » et de « dire oui », un oui éclairé à ce qui nous allège et à ce qui nous vivifie.
Florence Saint-Roch, pour toute l’équipe de Terre à ciel.

09- Remuer ciel et terre en poésie - janvier 2021