Si tes poèmes sont très fleuris, on pourrait dire qu’il s’agit d’abord de couleurs. Serais-tu la poète qui marche dans la couleur, comme le dit Georges Didi-Huberman d’un peintre ? Tu affirmes la nécessité des couleurs puisque « rien ne nous rassemble plus que leur chant » (La question des couleurs, p.22) et la difficulté d’en écrire : « je voudrais dire ce serait sans aucun mot » (Ibid., p.28). Évoquer des fleurs pour le jaune, un âne pour le gris, le ciel pour le bleu, est-ce une façon d’accomplir le projet ?

Entretien avec Françoise Delorme, par Isabelle Lévesque 