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Paul Gorban

samedi 19 juillet 2014, par Valérie Canat de Chizy

Paul Gorban – 3 poèmes bilingues français-roumain

Photo de Vlad Ivancu

où sont disparus les coquillages

où sont disparus les coquillages
dans lesquels je regardais comme dans un
rétroviseur mon âme.
telle une tumeur maligne
le silence fleurit près
de mon corps sentant les anges.
mon dieu je suis venu payer le loyer
car j’en ai marre que dans le quartier
les rossignols me dénigrent
en disant que je n’ai pas de respect pour la mort.
j’en ai assez qu’on me dise que je glisse
comme un jus gastrique dans le corps d’une
minable éternité. quel silence dégouline
dans ces coquillages rebelles. j’ai envie
de saisir mon âme avec mes dents

unde au dispărut scoicile

unde au dispărut scoicile
în care îmi priveam ca într-o
oglindă retrovizoare sufletul.
ca o tumoare malignă
tăcerea înfloreşte în preajma
trupului meu mirosind a îngeri.
dumnezeule am venit să plătesc chiria
căci m-am plictisit ca în cartier
să mă bârfească privighetorile
că nu am respect pentru moarte.
m-am săturat să mi se spună că alunec
precum un suc gastric prin trupul unei
amărâte eternităţi. ce linişte se prelinge
în scoicile acestea rebele. îmi vine
sufletul cu dantura să mi-l prind


sur la terrasse de l’immeuble

sur la terrasse de l’immeuble la ville
semble un immense orchestre.
le soleil arrivé depuis belle lurette
comme un volcan s’éteint presque
et de l’amour transporté
par tant de taxis on parle encore.
mon dieu aujourd’hui les bras défaits
et la peau rugueuse à cause de tant de points de suture
je voudrais survoler de toute mon âme
la ville aux immeubles colorés
et aux parcs pleins de statues de verre

pe terasa blocului

pe terasa blocului oraşul
pare o imensă orchestră.
soarele venit de mai multă vreme
ca un vulcan aproape se stinge
şi despre dragostea transportată
cu atâtea taxiuri abia se mai vorbeşte.
dumnezeule, azi cu braţele desfăcute
şi pielea aspră de la atâtea copci
aş vrea oraşul cu blocurile colorate
şi parcuri cu statui de sticlă
să-l survolez cu tot sufletul.


ton baiser a une force japonaise

ton baiser a une force japonaise
il m’a coupé la vue il m’a soufflé par la bouche des images
qu’aucune poésie ne pourrait surprendre.
ton baiser calme tel un coq de montagne
est juché sur mon corps comme sur une haie
et attend que mon âme s’éclaire
comme ces maisons-là dites pagodes
ton baiser dans mon corps émousse une petite vitrine
où la mort lascivement se laisse pénétrer par les anges.

sărutul tău are o forţă japoneză

sărutul tău are o forţă japoneză
mi-a tăiat vederea mi-a suflat pe gură imagini
pe care nicio poezie nu le-ar putea surprinde.
sărutul tău calm precum un cocoş de munte
stă cocoţat peste trupul meu ca peste un gard
şi aşteaptă sufletul să mi se lumineze
precum casele acelea cunoscute pagode
sărutul tău în corpul meu toceşte o mică vitrină
în care moartea lasciv se lasă penetrată de îngeri.

Traduit du roumain par Letitia Ilea
Poèmes publiés aux éditions Vinea, directeur éditorial Nicolae Tzone, en roumain sous le titre « Pavilioane cu ruj », 2014, et en français « Pavillons au rouge à lèvres », collection Vinea International, 2014, Bucarest.


Paul Gorban est né le 7 mars 1982 dans la ville de Botoşani, Roumanie.

Diplômé de philosophie en 2006. En 2008 il finit les cours de mastère et en 2011 celles de doctorat, soutenant publiquement la thèse de philosophie La sémiotique du langage poétique postmoderne, à l’Université « Al. I. Cuza » de Iaşi.

Il fait ses débuts éditoriaux en 2004, avec le recueil de poèmes La première vague, Éditions Alfa, Iaşi.

Il a publié encore : dans les anthologies du cénacle Virtualia de Iaşi, dans l’Anthologie de poèmes Argonautica, Éd. A.T.U. Sibiu, 2011, dans l’anthologie de poèmes Le jour le plus long, Éd. Herg Benet, Bucureşti, 2011, dans l’anthologie Innuendo, Éd. Junimea, Iaşi, 2011, le volume de poèmes Pavillons au rouge à lèvres (Éd. Princeps Edit, Iaşi, 2010), le volume de poèmes Le sous-marin Karmei (Éd. Princeps Edit, Iaşi, 2011 ; Éd. ADENIUM, Iaşi, 2013), la monographie exégétique Le mouvement dans l’infini de Grigore Vieru (Ed. Princeps Edit, Iaşi, 2011), le recueil de vers Les chevaux de Pérouse (Éd. Paralela 45, Piteşti, 2012).

Il signe constamment des essais et des chroniques littéraires dans diverses revues de Roumanie et à l’étranger. Il est présent dans Le dictionnaire critique de la poésie contemporaine de Iaşi (Éd. De la Fondation Culturelle Poezia, Iaşi, 2011), réalisé par le critique littéraire Emanuela Ilie.

Entre 2008 et 2011 il a été le rédacteur en chef de la revue d’expérimentation littéraire Feed Back. Il est journaliste, fondateur et rédacteur en chef de la revue Zon@ literară (www.zonaliterara.ro).

Proposition de Sanda Voïca


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