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La nature en bord de chemin, de Marc Giraud

lundi 22 juin 2015, par Cécile Guivarch

La nature en bord de chemin, de Marc Giraud, photographies Fabrice Cahez et Marc Giraud, éditions delachaux et niestlé, np ; 2013, 24,90 euros

C’est un naturaliste de terrain, Marc Giraud, et un photographe, Fabrice Cahez, qui nous proposent une promenade le long des chemins. Elle suit le fil des saisons, déroule un temps pour apprivoiser ce que nous voyons. Les photographies, multiples, pleine page ou plus petites, accompagnent cette déambulation, témoignant des couleurs, des formes animales ou végétales. Ce sont elles qui nous guident sur le seuil d’eden. « La ville, c’est loin de tout », en sous-titre du livre, pour que le paradoxe révèle sa vérité incontournable. Au bord de nos campagnes, tout vit, se transforme et foisonne, la première image nous le révèle et le cache : brume légère à l’orée d’un bois que longe un chemin de terre, la lumière le touche et s’élève – ou la brume. Arche des arbres, ils se rejoignent et pourront abriter celui qui marche.

Quand tout commence, la page crie « vert ». Pour commencer, le printemps foisonne et les auteurs ont choisi de nous montrer le peuple des campagnes, ces animaux que chacun d’entre nous peut voir « [p]as de ceux qu’on ne voit que dans les livres », ceux des photographies ont été captés dans les Vosges par Fabrice Cahez et complétés par le travail de Claude Galand, en Belgique. Chemins de la Beauce et du Limousin, le plus souvent, à travers les saisons, vie traversant les clichés qui nous sont donnés là.

Envisagée, chaque saison est caractérisée par les images que nous observons, détail ou vue d’ensemble. Tour à tour les oiseaux (réviser les noms « bruant jaune », « mésange bleue », « pinson des arbres »,« tarier pâtre », troglodyte » ou « pouillot véloce » et d’autres encore) avant d’explorer leur habitat. Vie minuscule et contigüe ainsi explorée. Viendront pêle-mêle ici les insectes et les fleurs, toute couleur ranimée en ces pages où tout est expliqué. Pédagogie d’observation d’admiration, l’infime détail des chemins où comment regarder nous est montré.

Des comparaisons sont établies entre les fleurs et des objets usuels (ombellifère, fleur de carotte, telle un « plateau » sur lequel se pose l’abeille ou la guêpe). On dirait une histoire de toujours servie par les photographies multiples qui font passer d’un règne à l’autre. Et au milieu de cette nature proche et colorée, les traces de l’homme deviennent perchoir : un barbelé pour la buse variable ou la bergeronnette printanière. Grâce à elle on perçoit la taille des oiseaux, devenu phare ou instrument de mesure.
Chacun peut être classé dans une catégorie nous rappelant les cours de sciences naturelles : les rampants, les nettoyeurs…

Une partie est consacrée aux photographies prises de nuit : rêve où il faut deviner, accroître la perception pour voir. Entre nuit et brume, le poème d’un monde à naître.
Alors les chemins, ainsi découverts, deviennent métaphore d’une connaissance qui n’abime rien et savoure le regard posé sur ce qui vit. Nous restituer cette harmonie grâce aux photographies, tel est le projet de ce livre.

Isabelle Lévesque


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