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Hep ! Lectures Fraîches (juillet 2014)

samedi 19 juillet 2014, par Cécile Guivarch

Douceur, Jacques Estager / Jean-Luc Meyssonnier, éditions Lanskine

Harmonie, entre la poésie de Jacques Estager et les photographies de Jean-Luc Meyssonnier. Les mots sont des prises de vues et sont empreints de douceur. Car c’est bien à Douceur qu’ils se frottent, avec une attention particulière accordée aux sonorités. On entre dans le livre, comme on entre dans une maison. Au départ, cela ressemble à un rêve, on se doute que les auteurs veulent nous mener quelque part, vers la nuit avec certitude, mais en employant la douceur, en nous noyant dans ce mot qui se répète tout au long du recueil et qui en côtoient d’autres aux sonorités semblables. Mais qui est cette Douceur ? Quand elle côtoie la chambre, sans image, sans lumière ? Serait-ce un voyage, de ceux dont il ne faut avoir peur ? Le voyage de qui ? D’un proche, de soi ? Tout le monde est plein de l’obscurité dans la lumière, au moment de quitter tout le monde. Et où allons nous ? Dans l’auberge de Douceur contre le ciel… Un voyage dans le ciel, terre au-dessus de terre. S’agit-il d’une autre planète ? La voix de Jacques Estager est belle et douce. Le texte, magnifique. Son déroulement est bien conçu, le lecteur s’imagine, s’approprie, attend, tente de percer le mystère de Douceur.


ah tout le monde est plein de l’obscurité dans la lumière
tout et tout le monde de la nuit sous le jour mais
au moment de quitter tout le monde d’où on ne reviendrait pas
comme on laisserait là figures de pierre là
déjà toutes penchées de leur terrasse à mes feuillages

même immobiles comme est le vent c’est comme on est toujours
vers tout le monde de la blancheur
auparavant de tout
d’où on venait et lui revient et
tel je suis couché debout dans l’arche de lumière qui me frôle
caresse claire et blanche au jour de désormais et de clair et de blanc

Grécité suivi de Après l’épreuve, Yannis Ritsos, traduction Jacques Lacarrière, éditions Bruno Doucey

Comment ne pas être fasciné par la poésie de Yannis Ritsos ? Ce dernier a connu la dictature greque et un destin à l’épreuve. Pour autant sa voix s’élève avec force, comme une urgence de vivre ou celle de "chante(r) contre l’effondrement" dit Bruno Doucey. Grécité est un chant de la Grèce à travers les années. Jacques Lacarrière, son traducteur et ami, a relevé : "la vie relatée par le poète est celle d’une journée commencée il y a trois mille ans". Un chant parfois douloureux mais empli de lumière où la brebis répond à l’enfant qui pleure, où les hirondelles s’échappent des barbes des hommes. Yannis Ritsos mêle de petits tableaux au grand tableau du monde, le petit pays au ciel, ou à la voix lactée. Du tout petit au très grand. Des petits hommes à l’humanité. Une ode à la vie, sans oublier le poids des guerres et des révolutions : dans ce pays, le soleil nous aide à soulever le poids / de pierre que nous avons toujours sur nos épaules, les soldats font trembler les plafonds des maisons. Mais, le soleil te dit bonjour. Le ton est parfois à la douceur mais il y a toujours un coup d’épée, du sang qui se répand et le sol qui brûle. Malgré tout il y a de l’optimisme car ce n’est pas la mort qu’il veut chanter, mais par-dessus tout, la vie, le soleil qui revient, les frères qui se saluent, la beauté du monde. L’arbre retrouvera son fruit, un jour ou l’autre, même si la vieille blessure saigne comme au premier jour. L’appartenance à la patrie est forte l’enfant pieds nus qui tenait le drapeau.
La poésie de Yannis Ritsos est magnifique, à la fois chant, verbe, combat et plainte. Le poète savait manier les mots, les associer entre eux comme personne d’autre. Il a su oser la langue. Et sa voix en est toute particulière, unique. Comme le choc sourd de l’obus, on ne peut passer à côté de la poésie de Yannis Ritsos, c’est à lire et à relire, surtout quand l’édition est bilingue.


Ces arbres ne peuvent se rassasier de moins de ciel,
Ces pierres ne peuvent se rassasier sous les pas étrangers,
Et ces hommes ne peuvent se rassasier que de soleil,
Et ces cœurs ne peuvent se rassasier que de justice.
Ce pays est aussi dur que le silence,
Il serre contre son sein ses dalles embrasées,
Il serre dans la lumière ses vignes et ses olives orphelines,
Il serre les dents. Il n’y a pas d’eau. Seulement de la lumière.
Le chemin se perd dans la lumière
Métal est l’ombre de l’enclos.
Ces arbres sont devenus pierre et les rivières et les cris
dans la chaux du soleil.
La racine se heurte au marbre. Chênes empoussiérés.
Ce mulet. Ce rocher. Haletants. Il n’y a pas d’eau.
Tous ont soif, depuis des années. Tous mâchent une
bouchée de ciel au-dessus de leur amertume.
[…]

Le Citronnier, Samantha Barendson, Le pédalo ivre

Attention ! Coup de cœur pour ce recueil de Samantha Barendson ! Le Citronnier : ce père en cendres sur lesquelles pousse l’arbre en Argentine. Un père dont je ne me souviens de rien confie Samantha Barendson. Un père desaparecido. Elle avait vingt-quatre mois. Je ne trouve pas la moindre miette de souvenir au fond de ma tête encombrée de détails. Elle tente de recoller les morceaux, de reconstituer l’histoire paternelle à travers photos, objets, lettres, sa voix enregistrée et ce que son entourage a bien voulu lui raconter. Elle idéalise ce père, imagine son passé, pense à tout ce qu’ils auraient pu faire ensemble, mène une véritable quête. Pourtant, il reste peu de choses de ce père pas de quoi remplir une valise, pas de quoi remplir une page, et pourtant c’est un recueil de près de 70 pages. L’auteur dresse des listes, fouille au fond de sa mémoire, utilise quelques mots d’espagnol pour parler de son père italien. Elle ne le tutoie jamais, sauf pour lui dire tu fais chier papa, phrase qui revient de temps en temps, surtout lorsque le recueil se clôt sur un lourd secret. Sa poésie est touchante avec pointe d’humour et fraîcheur. Un recueil à mon avis très réussi, bien articulé autour de la réflexion sur le manque de figure paternelle et dont la chute est inattendue.


Il est planté là, au milieu du jardin de ma grand-mère, à Recoleta, un barrio chic résidentiel de Buenos Aires. Les touristes envahissent le quartier à cause du cimetière, ils viennent voir les tombes des écrivains, des présidents, des sportifs, des célébrités enterrées. Lui, Il ne dort pas au cimetière de Recoleta, il ne dort plus entre les pierres, il ne dort plus du tout, il pousse, au milieu du jardin de ma grand-mère, il est devenu grand et vert et parfois il fleurit ou donne des fruits, mon papa-citronnier enraciné à la terre de Buenos Aires, loin de moi, de l’autre côté de l’eau, sur l’autre hémisphère. Que deviendra mon arbre paternel quand la grand-mère ne sera plus ? Le jardin sera-t-il vendu et la terre construite de béton, de rêves immobiliers ? Vont-ils m’ôter mes restes arboricoles, mes dernières feuilles ?

Champs de lutte, Franck Doyen, AEncrages & Co

Derrière ce titre, que se cache-il ? Quels champs ? Quel chant ? Quelles luttes ? Quelle langue ? En quatrième de couverture, l’auteur donne une réponse. Il évoque une recherche sur le mot, la langue et cette lutte faite au corps, au paysage. C’est bien cela que le lecteur découvre, avec une certaine tension. Le champ lexical tourne autour de ces thèmes, la voix se mêle à la soif, aux feuilles et au vent. Les textes sont courts et épurés, écrits sous la charpente de la langue, avec peur, hurlements, silence. Le corps est mis à l’épreuve, comme le gravier de la langue qui fuit, comme le paysage où l’herbe même / a couleur de pierre. Le corps vieillit, on va vers l’étranglement des mots, telle une avalanche en vous-même. La mort rôde jusqu’à ce point où la nature vous reprend, cette même nature qui elle aussi entre en érosion, comme vos corps, comme vos mots. Ce texte a la particularité de s’adresser à vous, pronom peu utilisé en poésie. L’autre point fort, est l’évocation de différents thèmes tout en les amenant à se lier fortement ensemble. On sent derrière ce texte un travail de réflexion sur le vieillissement. Et finalement, le temps use, certes, mais que faire ? Résister ? Subir ? En silence ou dans la crainte ? Attendre ?


et reste vous
(peut-être)
sec de l’intérieur
ratatiné sur vos os
tout flétri des viscères

vous avalez votre dentier
avancer un peu plus
chaque matin chaque soir
vers l’étranglement des mots

chemin de terres de roches
de branches brisées
de silence
hors d’atteinte

Les cerises ne sont pas des lèvres, Amandine Marembert, dessins de Diane de Bournazel, éditions Al Manar

Dernier recueil d’Amandine Marembert. On retrouve un thème qui lui est cher : une poésie mêlant jardin et désir amoureux. Dans ce recueil, on sent que l’auteure a encore laissé mûrir le sujet. Elle en aurait fait de même avec les fruits et légumes de son jardin, pour les rendre toujours plus beaux et plus gouteux. J’aime cette poésie douce et calme mais qui nous touche, éveille en nous les différentes parties du corps. Elle n’hésite pas à travailler la langue, à travailler sur la syntaxe, les images, à l’emmêler à la langue du désir, comme le jardin se mêle aux corps. Ces petits poèmes par petites touches tournent autour du sujet sans jamais qu’il ne s’épuise et surtout sans lasser le lecteur. Les dessins de Diane de Bournazel aux couleurs chaudes ou vives, aux fruits et légumes charnus, accompagnent les poèmes avec brio.


chaque jour tu rêves que nous basculions
entre les rangs de tomates
éros rouges précoces
désir noué à deux tuteurs
planté là

Comme elle dirait la mer, Luce Guilbaud, Tarabuste Editeur

La mer pourrait être une image sur une carte postale. Mais ici, la mer est bien plus que ça. Elle est transmission entre les générations, entre Luce Guilbaud et sa grand-mère. Si d’autres femmes choisissent / de tourner le dos à la côte / de s’enfoncer dans les terres, ce ne fut pas le cas de l’aïeule de l’auteure. Luce Guilbaud parcourt les plages. Elle imagine sa grand-mère dans son quotidien sur le sable, le rivage, près de l’eau. J’écris pour te connaître. Une question que beaucoup tentent de résoudre : nous ne connaissons pas bien nos ascendants, pourtant nous les portons en nous. Luce Guilbaud se fait dépositaire de la parole de sa grand-mère. L’écriture est douce, fluide, émouvante. On sent le travail intérieur, entre flux et reflux jusqu’à l’usure du sujet, comme les chemins sans fin du texte. Elle n’hésite pas à faire le parallèle entre autrefois et aujourd’hui. La mer, les vagues amènent la langue à se délier. Le temps, l’attention, l’écoute permettent de mener à bien cette quête du passé. Mais est-ce la mer qui joue sur les mots ?


D’elle n’aurai-je rien reçu d’autre
que cette langue qui pousse en moi
comme un enfant à naître ?

J’écris cette langue de cœur
que la mort a transmis
avec le premier cri avec le premier sang
la parole enfermée dans ses malles
avec ses fleurs séchées ses lettres jaunies
la parole étouffée baillonnée
qui s’échange avec les yeux
relaie le geste et affronte la nuit
la parole natale bercée par les mères
aux quatre directions du vent
la parole au prénom léger
me vient de ces femmes étouffées
par les mots retenus

Lorsqu’une femme enterre sa langue sous la cendre
une autre l’attise et la porte au grand jour
elle peut partir celle qui entend
germer sa langue dans le ventre des filles

matcH, Rugby et poésie, Eric des Garets & Donatien Garnier, Atelier Baie

Deux poètes, deux rugbymen dans un match poétique, au corps à corps, voix contre voix. Louer la poésie, louer le rugby : les deux ne sont pas incompatibles ! Un recueil en regard, où les voix se répondent, se font des passes, se mêlent. Il est question des corps qui s’affrontent, du jeu sur le terrain, de l’esprit du rugby. Ce sport est une grammaire surannée / mais qu’importe / une langue, le / rugby. Les deux écritures sont très différentes mais réunissent deux disciplines ô rugby / (!) poésie
(Petit clin d’œil, mon mari est rugbyman, je vais être fière maintenant de montrer ce livre quand on me dira que nous n’avons pas les mêmes centres d’intérêt !)


ils tendent leurs mains,
se jouent du ciel, s’assemblent,
- une arithmétique des corps -,
se serrent, s’enroulent
autour du cuir

ils impriment leur légende
sur le pré,
les
rugbymen

Je crois que tout n’est pas fini je vole, Yves-Jacques Bouin, Rhubarbe

Livre melting-pot. On y trouve des histoires, un carnet, des poèmes, un journal. Pour resituer, il fait suite à une résidence à Edenkoben en Allemagne. Cela commence par le voyage en train vers l’Allemagne. L’auteur observe, raconte avec entrain et vivacité, amène le lecteur aussi à participer, à s’interroger. Tout au long du livre, réflexion et philosophie sont présentes.

"Il n’y a de frontières que celles que l’on s’impose."
"Les lieux restent anonymes tant qu’un visage ne vient pas en envahir les sonorités"
"On n’a pas de place attitrée dans cette vie, ou pour si peu de temps"
"J’écris parce que ça m’échappe"
"Quelqu’un en moi existe"
"Le chemin n’est pas marché mais respiré"

Vient le temps de la résidence avec une série de douze poèmes que l’auteur aura écrit en une nuit. S’ensuit une réflexion sur la naissance de ces poèmes, le pouvoir des mots, l’influence d’autres domaines, comme la science sur les mots. Un livre intelligent !


Un voyage est fait de visages, sitôt familiers, sitôt oubliés. Quel que soit le lieu, une sorte de géographie des visages s’instaure dans laquelle le sien propre est inclus et pas forcément au centre, au contraire, un peu en retrait, de profil peut-être ou en contre-jour. Des regards dessinent des lignes dans l’espace, un réseau de frôlements. Voies le plus souvent sans issue. Se tresse une sorte de treillis subtil pour combler la séparation des corps, le vide entre les formes. Bruissement des voix qui rend la présence intelligible. Passagers, la plupart assis dans leur solitude. Pensées closes qui par bribes pourraient prendre corps dans un échange ou s’effriter. un déclic. mais non, on préfère cette promiscuité silencieuse, un délice, ce peu d’intimité sur beaucoup d’inconnu, on la chérit même.

sorgue, Maël Guesdon, La Crypte

Maël Guesdon a reçu le prix de la Crypte - Jean Lalande en 2013. Bonheur donc de recenser ce premier recueil. Ce livre m’a intriguée par l’originalité de sa conception. Des notes prises dans un carnet à l’âge de quinze ans, où l’auteur a écrit ses rêves pendant un an. Notes retrouvées dix ans plus tard. Notes qui deviennent un matériau pour un recueil de poèmes qui ne sont pas les poèmes d’un jeune de quinze ans, mais de celui qui est devenu adulte. L’auteur utilise des allers-retours, entre présent et évocations du passé. On retrouve ici flirts d’adolescence, rencontres, insouciance, fraîcheur et parfois des choses un peu plus graves. La syntaxe est souvent bousculée. Le texte est épuré. Mais qu’est-ce qui fait que quinze ans après, on puisse ressentir le besoin d’écrire à partir d’anciennes notes ? En tous les cas, un auteur à suivre !


de près
il rentre avec elle

d’une nouvelle manière
parfois nous irons danser sans toi
quand la petite revient

j’ai rêvé . sans souvenir

Les échanges de libellules, Cédric Landri, La porte

Je continue dans la série des premiers recueils. Beaucoup de fraîcheur pour ces échanges de libellules, paroles entre deux personnes, on présume un couple dans son quotidien. Chaque poème est un dialogue sous forme de questions/réponses avec pour chacun d’eux une chute inattendue. Ce sont des questionnements sur de petites choses en apparence anodines. Le titre rappelle un peu celui de Roselyne Sibille et Sabine Huynh paru aux mêmes éditions La Porte : La migration des papillons. Le premier poème m’a également fait penser aux Mille grues de papier de Chantal Dupuy Dunier, sauf qu’ici on plie le papier pour faire des libellules. C’est une écriture sans fioritures et l’ensemble est bien tenu. Je suis déjà curieuse de lire d’autres livres de Cédric Landri.


Quand tu es entré
le vent dans ton dos
s’est faufilé en douce
a posé ses mains sur les meubles
faisant virevolter les libellules
de papier partout.

Oh regarde là-bas
deux sont tombées
l’une sur l’autre
et font l’amour.

Eh bien
nous allons bientôt avoir
des œufs de papier.

Pompidou est mort, Nathalie Guen, Dessins de Valentine Leboucq, Cousu main

Livre accordéon illustré de douze pages. J’aime la fraîcheur de l’écriture de Nathalie Guen. Une écriture orale, aux allures enfantines. Une histoire de dents qui ont poussé de travers à cause de Pompidou mort ce jour-là, de dentiste aveugle des dents, de cheveu blanc sur la langue, d’un coup d’inconsolation, de paspitations, d’une petite fille qui voulait donner des chips à tout le monde. Et si "tout ça mis ensemble avec des fleurs autour" ne cachait pas quelque chose de plus subtil ?


J’ai remis des petites roues à mon vélo
Il me manquait des dents devant
elles ont repoussé de travers
C’est à cause de Pompidou il a dit le dentiste
y’a pas d’appareil pour ça
faut la laisser
ça lui passera
il a dit ça

Grammaire de l’amante (avec exercices supplémentaires), Valérie Linder, & esperluète éditions

Plaisir pour les yeux que ces encres de Valérie Linder, accompagnées de ses textes et de bribes de manuels de grammaire. Les dessins, à la manière d’un journal intime, montrent des femmes, souvent nues, leurs vêtements, leur reflet dans le miroir puis de couples enlacés. Mais c’est avant tout une réflexion sur le temps qui passe, l’enfant devenue femme, l’évocation des voyages du désir qui doit perdurer dans le couple. La femme amante, la femme amie. L’intimité du couple.
Il s’agit ici d’un deuxième volet, le premier avait été édité il y a une dizaine d’années.

Note de Matthieu Gosztola sur le premier volet

On peut voir un extrait là :
http://www.valerielinder.fr/filter/livres-revues/Grammaire-de-l-amante-exercices-supplementaires
ou retrouver le travail de Valérie Linder sur son site :
http://www.valerielinder.fr/

Mélancolie des cerisiers , Cécile Glasman, Encres vives, collection Lieu

Cécile Glasman nous invite au Japon. Par petits poèmes, petites impressions, elle nous confie un journal de voyage. Nous sommes plongés au cœur du Japon avec shinkansen, feuilles de gingko, tokonoma et villes japonaises. Mais ce sont les histoires racontées par les gens rencontrés, que ces poèmes révèlent. Des japonais, tous nommés ici, qui aiment la littérature américaine, passent des soirées dans les boîtes de nuit ou dans les bars, ont de petits boulots dans la restauration rapide, ou travaillent dans un hôpital, ont des histoires de famille, de couple, participent à des ateliers d’écriture, etc. Cécile Glasman, avec ces textes rapproche les cultures et s’attache aux petites choses comme aux plus importantes. Ces choses que nous portons tous plus ou moins en nous.


je crois que je me souviendrai toujours
de ce dimanche à Hiroshima
du squelette d’acier du dôme de la bombe A
de la flamme vacillante au milieu du mémorial de la paix
du jeune kôji jouant sur la pelouse du périmètre des enfants
entouré de milliers de grues en papier
à mon retour je chercherai une traduction des
poèmes de la bombe atomique de Tôge Sankichi

Cécile Guivarch


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