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Entre silence et écoute, Michèle Schneeberger

lundi 14 juillet 2014, par Cécile Guivarch

éditions Estuaires 2011

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Le poète est bien celui dont la parole se situe « entre silence et écoute ». L’écriture est pour Michèle Schneeberger une « terre de ciel ». Si la mort ouvre le recueil, même les roses ont couleur de cendre, la nature reste bienveillante et pour gagner le ciel, l’oiseau toujours ouvre ses ailes, et « l’aurore décapitée » n’aura pas le dernier mot, car : « les aurores sont si claires / qu’une main d’enfant/ suffit à les ouvrir… ».
Le poète capte le silence « du dernier regard / avant la mort des saisons  », pour mieux dire la nature vivante, « la danse des gouttes d’eau/ l’envol des coccinelles/ et le bleu d’une aube à venir ! ».
La poésie est ici communion, elle naît de l’enfance perdue et permet de retourner sur ses rives. L’enfant est le premier poète car il est celui qui mesure « le ciel à l’aube de ses mains », celui qui : « se tient debout/ au centre du manège/ des étoiles dans les mains/ le regard émaillé d’or… ». La main de l’enfant ne cesse de guider la main et les mots du poète.

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Ghislaine Lejard


entre silence et écoute
il y a cette voix
et quelqu’un se penche sur un souvenir
ô miroir de l’hiver…
plus loin
le ciel jette ses étoiles dans les arbres
et les branches folles d’oiseaux
secouent des bouquets de givre.
entre silence et écoute
il y a cette voix
ces mots chantournés
sans mesure ni contrainte
sur les pages du vent…


l’enfance voyage dans une chambre
aux fleurs endormies
ou bien sur un chemin de craie
où dansent de curieux hiéroglyphes…

viens, retournons sur cette rive
où les langes flottent comme voiles au vent,
où la cire et la lavande
se marient dans les armoires

écoute le carillon des hochets
il enchante les landaus
et l’ours très doux
demande un peu de place
dans la caravane des rêves…


parfois il hésitait
et sa main sur la page
faisait des signes d’oiseau…
parfois son regard accrochait du bleu
aux mots trouvés sur le sable
et les lignes couraient
comme portées de musique
or le sabre du soleil
brûle les sillons
les gorges du temps
et cette encre sur les mains
qui jamais ne séchera…


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